Le Conservatoire d'espaces naturels (CEN) de la région Paca a lancé un projet expérimental de restauration d'une prairie humide à Antibes, en collectant des graines de plantes locales pour repeupler une portion de la plaine alluviale de la Brague. L'objectif est de restaurer cet écosystème menacé par les activités humaines et le changement climatique, sans impacter le milieu naturel.
Un protocole rigoureux pour une collecte durable
Mardi 16 juin 2026, Ambre Baxa, cheffe de projet au CEN Paca, a mené une collecte de graines sur les berges de la Brague, à l'emplacement de l'ancien camping Antipolis, encore marqué par les inondations du 3 octobre 2015. Elle a récolté les graines de trois espèces : deux graminées et une fabacée, après avoir déjà visité les prairies de Levens et de La Roquette-sur-Siagne. Au total, une dizaine d'espèces seront récoltées et mises en culture par le lycée horticole, avant d'être plantées sur une prairie humide située 400 mètres plus loin, d'ici au printemps 2028.
« Lors du repérage, nous vérifions que la population dépasse les 200 individus pour les plantes herbacées. L'objectif est de ne pas impacter le milieu naturel, tout en garantissant une bonne diversité génétique », explique Ambre Baxa. Le protocole suit le label national Végétal local : seuls 25 % des graines sont prélevés sur chaque individu, et des fiches de collecte précises, incluant les coordonnées géographiques, assurent la traçabilité.
Un projet soutenu politiquement
Environ 1 500 plants, composés notamment de menthe aquatique et d'iris des marais, devraient s'épanouir sur les trois hectares gérés par le CEN Paca. Cette restauration vise aussi à soutenir la biodiversité locale, comme le papillon protégé Diane, dont la plante hôte est l'aristoloche à feuilles rondes. « La sélectionner permettra d'élargir et de soutenir les populations de cet insecte », précise la cheffe de projet.
La Communauté d'Agglomération Sophia Antipolis (Casa) a acquis la prairie et soutient le projet. « Ici, la volonté politique de la Casa est très présente, et les projets avancent », se réjouit Ambre Baxa. Le projet est également soutenu par la Fondation du patrimoine, qui accepte les dons pour aider l'association.



