Géologie de Fontainebleau : la forêt plus vulnérable aux incendies
Géologie de Fontainebleau vulnérable aux incendies

La forêt de Fontainebleau, joyau naturel de l'Île-de-France, est confrontée à une menace croissante d'incendies en raison de sa géologie particulière. Une étude menée par l'Office national des forêts (ONF) et des géologues de l'université Paris-Saclay révèle que les sols sableux et drainants de la forêt la rendent particulièrement vulnérable aux feux de forêt.

Des sols sableux qui favorisent la propagation des flammes

Contrairement à d'autres forêts où les sols argileux retiennent l'humidité, les sols de Fontainebleau sont composés à 90 % de sable. Cette composition, héritée du massif de grès de l'ère tertiaire, entraîne un drainage rapide des eaux de pluie, laissant la végétation en surface plus sèche. Selon l'ONF, cette sécheresse accroît le risque d'inflammation de la litière forestière, composée de feuilles mortes et d'aiguilles de pin.

« Le sable ne retient pas l'eau, ce qui assèche très vite les couches superficielles du sol. En période de canicule, comme celle que nous avons connue en 2022, la forêt devient un véritable tinderbox », explique Jean-Marc Dubois, ingénieur forestier à l'ONF.

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Un record d'incendies en 2022

L'étude souligne que l'année 2022 a été particulièrement meurtrière pour la forêt, avec 47 incendies recensés, soit une augmentation de 60 % par rapport à la moyenne des années précédentes. Le plus important, survenu en juillet 2022, a détruit 120 hectares de sous-bois. Les pompiers ont dû lutter pendant trois jours pour maîtriser les flammes, mobilisant 200 hommes et des moyens aériens.

« La géologie n'est pas le seul facteur, mais elle joue un rôle clé. Combinée au changement climatique et à la fréquentation humaine, elle multiplie les risques », ajoute Dubois.

Une biodiversité menacée

La forêt de Fontainebleau abrite une biodiversité exceptionnelle, avec plus de 10 000 espèces animales et végétales. Les incendies menacent particulièrement les espèces endémiques, comme le pin sylvestre et certaines orchidées sauvages. Selon les chercheurs, la recolonisation des zones brûlées est lente en raison de la faible capacité de rétention d'eau du sol.

« Après un incendie, la régénération naturelle peut prendre plusieurs décennies. Les sols sableux, une fois brûlés, deviennent hydrophobes, ce qui aggrave l'érosion et empêche la germination », détaille Claire Martin, géologue à l'université Paris-Saclay.

Des mesures de prévention renforcées

Face à cette menace, l'ONF et le département de Seine-et-Marne ont mis en place un plan de prévention des incendies. Celui-ci inclut la création de pare-feu, le débroussaillage des zones sensibles et l'installation de citernes d'eau supplémentaires. En 2023, 500 000 euros ont été investis dans ces mesures. Les autorités appellent également les promeneurs à la vigilance, rappelant que 90 % des incendies sont d'origine humaine.

« La forêt de Fontainebleau est un espace unique, mais fragile. Nous devons adapter nos pratiques pour la protéger », conclut Dubois.

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