Nice : l'extension controversée du terminal 2 de l'aéroport divise citoyens et autorités
Extension aéroport Nice : un projet qui divise depuis six ans

Un projet aéroportuaire qui cristallise les tensions à Nice

Depuis six ans, l'extension du terminal 2 de l'aéroport Nice Côte d'Azur fait l'objet d'une saga judiciaire intense. Un an après le dépôt du permis de construire en 2019, les premiers recours ont émergé, marquant le début d'un conflit durable entre promoteurs du projet et opposants déterminés.

Des chiffres environnementaux au cœur du débat

Le Collectif citoyen 06, fer de lance de l'opposition, s'appuie sur l'étude d'impact complémentaire pour alerter sur les conséquences du projet. Selon leurs calculs, le trafic passager passerait de 14,8 millions en 2024 à 21,2 millions en 2034, soit une augmentation de 43%. Cette hausse induirait 28.700 mouvements aériens supplémentaires d'ici 2034, équivalant à environ 80 vols supplémentaires par jour.

Concernant les engagements environnementaux de l'aéroport, le collectif reste sceptique. Il affirme que la neutralité carbone promise pour 2030 ne concernerait que moins de 0,1% des émissions totales, remettant en cause la portée réelle des mesures compensatoires.

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La défense de l'aéroport face aux critiques

De son côté, la direction de l'aéroport Nice Côte d'Azur maintient que l'extension « ne vise pas à développer le trafic aérien ». Selon leurs projections, même sans agrandissement, le trafic augmenterait naturellement de 1% par an sur la prochaine décennie. Avec l'extension, cette hausse atteindrait 2,1% annuellement, soit une différence de seulement 1,1%.

Les responsables aéroportuaires insistent sur les avancées technologiques qui permettraient, selon eux, de réduire les émissions de gaz à effet de serre malgré l'augmentation du trafic. « Grâce aux évolutions technologiques et à l'amélioration des infrastructures, les émissions seront inférieures à celles d'aujourd'hui », assurent-ils, mentionnant également une meilleure gestion énergétique pour limiter la pollution atmosphérique.

Un combat judiciaire qui se poursuit

Sur le plan juridique, la Cour administrative d'appel de Marseille a validé le permis de construire en septembre 2025, rejetant les recours des opposants. Cet événement n'a pas découragé les militants, qui se sont rassemblés symboliquement quai Rauba Capeu pour « enterrer la santé des Niçois ».

Le dossier est désormais entre les mains du Conseil d'État depuis fin novembre. Airy Chrétien, responsable du Collectif citoyen 06, explique : « On espère une décision d'ici l'été. Mais c'est assez choquant qu'il y ait une inauguration avant. » Les opposants n'excluent pas de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'Homme si nécessaire.

Au-delà de l'aéroport : la lutte contre le surtourisme

Pour les militants, l'enjeu dépasse largement le seul agrandissement du terminal. « Nous allons lutter contre le surtourisme », déclarent-ils, précisant qu'ils ne souhaitent pas la fermeture de l'aéroport mais plutôt « arrêter cette hausse permanente de trafic pour mille raisons : le climat, la pollution, le bruit, la santé… ».

Malgré les incertitudes juridiques, les opposants considèrent déjà avoir remporté une victoire symbolique. « Les citoyens ont quand même levé le nez depuis six ans », souligne un membre du collectif, ajoutant que cette mobilisation permanente constitue en soi un succès pour la conscience environnementale locale.

Le conflit illustre parfaitement les tensions entre développement économique et préservation environnementale, avec chaque camp accusant l'autre de diffuser des contre-vérités. Alors que le Conseil d'État doit prochainement rendre sa décision, l'avenir du projet reste incertain, tout comme la paix sociale autour de cette infrastructure cruciale pour la région.

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