Destructions sur la Côte d'Azur : McDonald's, plages et villas victimes de la loi Littoral
Destructions sur la Côte d'Azur : McDonald's, plages et villas

Publicité McDonald’s sur la plage à Cagnes-sur-Mer, plage Tétou à Golfe-Juan, villas sur le front de mer : ces constructions ont été détruites après l'application de la loi Littoral sur la Côte d'Azur. Si les grands ensembles d’immeubles restent debout, certains bâtiments et établissements ont disparu ces dernières années sous l'effet de la réglementation protégeant le littoral.

Le McDonald's de la plage de Cagnes-sur-Mer

Souvenez-vous, vous avez peut-être croqué dans votre burger estampillé d’un « M » jaune, les pieds dans l’eau… Ouvert en 1996, le seul McDonald’s de France installé sur une plage était bel et bien à Cagnes-sur-Mer. Un cas d’école. Associations et riverains montent au créneau devant le fast-food très fréquenté. Ils dénoncent l’incompatibilité avec l’esprit de la loi Littoral votée dix ans plus tôt. Ce qui devait arriver arriva : après plusieurs années de procédure, le tribunal administratif de Nice estime que le permis n’est pas conforme au droit. En février 2006, la justice ordonne la fermeture et la démolition complète du bâtiment. L’État demande une « exécution rapide » avec un site remis « en état naturel ». Le restaurant disparaît après une décennie d’exploitation, au printemps 2006.

Le bras de fer des plagistes

Les établissements de plage, là aussi, ont été marqués par cette « reconquête » du littoral. La vague de destructions débute avec l’application du Décret plage. Le texte, publié en 2006, fait voir ses effets dans la décennie 2010 sur le territoire. Il impose qu’une large majorité du littoral reste libre et accessible au public, et limite les constructions à des installations légères, démontables et temporaires. Une réglementation qui continue de changer le paysage, comme actuellement à Juan-les-Pins devant la Pinède-Gould. Si dans certaines communes la mise en conformité s’est réalisée sereinement, dans d’autres ce changement a donné lieu à une bataille de recours.

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Il y a dix ans, ce sont les plagistes de la plage du Midi à Golfe-Juan qui décident de faire front pour défendre leurs établissements. Un bras de fer s’enclenche avec le préfet de l’époque. Mais en 2017, ils se retrouvent condamnés à la démolition par le tribunal administratif de Nice, l’État estimant qu’ils occupaient le domaine public sans conformité avec le Décret plage. C’est ainsi que l’emblématique restaurant Tétou – connu pour sa bouillabaisse qui a régalé Sylvester Stallone ou encore Johnny Hallyday – tombe sous les pelleteuses. L’histoire d’un phénix puisque cet été, l’établissement a su renaître de ses cendres : une nouvelle concession baptisée Tétou a ouvert à Cannes, afin de faire perdurer la légende. Parmi les plages privées qui ont disparu du paysage, on peut notamment citer celles de La Mala à Cap d’Ail ou encore la Gougouline à Cagnes-sur-Mer.

Le secret bien caché de la villa Pellerin

Autre cas emblématique, celui de la « Villa Inglès » du Cap de Nice. Ce dossier illustre le contrôle renforcé de l’État sur le littoral. Plusieurs permis ont été délivrés entre 1989 et 1990 pour un projet de logements d’habitation. Mais le chantier prend une autre tournure : c’est un hôtel de 29 chambres surplombant la Baie des Anges qui semble sortir de terre. Il faudra 17 années de procédure pour que ce chantier inachevé soit enfin démoli et disparaisse en bordure du sentier du littoral.

Plus à l’ouest, c’est la villa Pellerin sur le Cap d’Antibes qui a fait couler beaucoup d’encre. En 1989, le promoteur Christian Pellerin dépose un permis, accepté, pour 400 m² – sur une parcelle comprenant déjà une villa de 250 m² au préalable. Sauf que le projet s’avère bien plus important dans les faits : ce sont 2300 m² qui vont être réalisés ! C’est le caractère « caché » d’une grande partie de la villa qui va faire sa légende : le promoteur a réussi à dissimuler 1650 m² de superficie à demi-enterrés ! Rocambolesque.

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Si tous les dossiers ne sont pas aussi surréalistes, les procédures pour travaux potentiellement illégaux sur le littoral continuent d’occuper les tribunaux des Alpes-Maritimes. Dans ces affaires, tout n’est pas à attribuer stricto sensu à la loi Littoral : de nombreux contentieux, avec des décisions de justice ordonnant des démolitions ou des mises en conformité, ont également relevé d’autres fondements juridiques. La loi Littoral est ici un cadre général.