Canicule : 39°C attendus, Paris en alerte orange, 17 départements concernés
Canicule : 39°C, Paris en alerte orange, 17 départements

La vigilance orange canicule s'étend ce jeudi à Paris et à sa petite couronne, alors qu'un épisode de chaleur d'une précocité historique frappe la France. Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présider une réunion interministérielle pour préparer l'État aux mois d'été à venir. Météo-France a annoncé mercredi porter à 17 le nombre total de départements en alerte orange à partir de jeudi midi, ajoutant la capitale, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne aux 13 départements de l'ouest déjà concernés.

Des températures records attendues

Le mercure devrait atteindre 32 à 34°C, et localement 35°C en région parisienne. Dans le Sud-Est, notamment dans le Languedoc, des pointes maximales à 38-39°C sont attendues, des valeurs inédites pour une fin mai. Dès mercredi dans la capitale, la police patrouillait sur le canal Saint-Martin pour dissuader les baigneurs qui bravent l'interdiction de s'y baigner. Par ailleurs, quatre départements sont placés en vigilance jaune pour les orages jeudi, et trente autres - de la Normandie aux Pyrénées - en vigilance jaune canicule, alors même que les candidats au baccalauréat professionnel planchent sur leurs examens.

Le gouvernement se mobilise

Interrogé sur France 2 mercredi soir, le ministre de l'Éducation nationale Edouard Geffray a réaffirmé que « pour l'instant, il n'y a pas de menace sur les examens », relevant que « la plupart des épreuves ont lieu le matin ». Il a reconnu que les températures inhabituellement chaudes ne « sont pas des conditions optimales d'apprentissage », et dit « comprendre » que les enseignants « se plaignent ». Il a rappelé des mesures de « bon sens », comme « l'aération des salles, l'hydratation des élèves ». Un « plan ministériel de gestion des vagues de chaleur » doit être publié jeudi « pour que chacun sache exactement ce qu'il a à faire dans ces conditions », a-t-il annoncé.

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L'épisode caniculaire précoce est causé par un « dôme de chaleur » persistant sur l'Europe de l'Ouest, qui bloque l'air chaud venu d'Afrique du Nord. Il a propulsé l'indicateur thermique national au niveau inédit de 24,9°C mardi, après un premier record à 24,6°C lundi. Mercredi, Météo-France a relevé 24,4°C. Ce phénomène météorologique, qui a déjà provoqué plusieurs décès - directement ou indirectement - en France selon le gouvernement, est synonyme de températures supérieures de 10 à 15 degrés aux normales saisonnières.

Pollution à l'ozone et impacts locaux

Cette chape de plomb s'accompagne d'une dégradation de la qualité de l'air sur l'Hexagone, entraînant des épisodes de pollution critique à l'ozone sur plusieurs régions, comme l'Ile-de-France et Rhône-Alpes. Les experts d'Atmo France soulignent le caractère exceptionnel par son étendue géographique d'une telle pollution pour un mois de mai, et aucune amélioration notable n'est attendue avant le week-end. Face à cette situation, l'effervescence politique monte d'un cran. Sébastien Lecornu réunira une dizaine de ministres jeudi après-midi à Matignon afin de travailler à un « plan d'endurance » pour l'été, abordant l'état des nappes phréatiques, l'accueil du public ou les risques de feux de forêts.

L'écologiste Marine Tondelier s'est dite « effarée par l'impréparation du gouvernement », dénonçant la baisse du Fonds vert et la lenteur des rénovations scolaires. « Le gouvernement doit sortir de la gestion de crise au coup par coup et prendre des mesures structurantes, en particulier pour adapter les logements et les écoles aux fortes chaleurs », a exhorté de son côté Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau Action Climat. En face, Matignon rétorque que la crise est gérée au quotidien et que « toutes les mesures ont été prises ».

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Mesures d'urgence sur le terrain

Sur le terrain, les collectivités multiplient les mesures d'exception. Des fermetures d'écoles ont été décidées jeudi et vendredi après-midi à Mont-de-Marsan, les activités de plein air ont été annulées dans la Manche, et des structures d'accueil pour les sans-abri ont ouvert à Nantes et Saint-Nazaire. À Strasbourg, la chaleur perturbe le matériel roulant, forçant une réduction temporaire des lignes de tramway et de bus. Partout, les habitants cherchent désespérément des îlots de fraîcheur face à un climat qui se réchauffe à un rythme accéléré, les prévisions officielles tablant sur un réchauffement moyen de 2,7°C en France d'ici 2050.