La 18e Biennale d'architecture de Venise, qui se tient du 20 mai au 26 novembre 2026, place l'écologie au centre de ses préoccupations. Sous le commissariat de l'architecte et chercheuse Lesley Lokko, l'exposition intitulée « The Laboratory of the Future » explore les liens entre architecture, environnement et société. Parmi les œuvres présentées, l'installation sonore « The Great Animal Orchestra » de Bernie Krause et la Fondation Cartier pour l'art contemporain interpelle les visiteurs sur la disparition des sons de la nature.
Une écologie qui se fait entendre
L'installation de Bernie Krause, qui a enregistré plus de 5 000 heures de paysages sonores naturels, met en lumière la perte de biodiversité acoustique. Selon l'artiste, « 70 % des enregistrements que j'ai réalisés dans les années 1960 et 1970 ont aujourd'hui disparu en raison de l'activité humaine ». Les visiteurs sont invités à s'immerger dans un dôme sonore où se mêlent chants d'oiseaux, cris d'animaux et bruits de la forêt, une expérience qui vise à sensibiliser à l'urgence écologique.
Des installations qui interrogent notre rapport au bruit
D'autres artistes, comme l'architecte et designer Formafantasma, proposent des œuvres qui réfléchissent à l'impact du bruit sur l'environnement. Leur projet « The Sound of Silence » explore comment le bruit anthropique perturbe les écosystèmes marins. Selon une étude de l'université de Southampton citée dans l'exposition, le bruit des navires a augmenté de 32 % dans les océans depuis 1960, affectant la communication des cétacés.
Une réflexion sur les matériaux et la durabilité
La Biennale met également l'accent sur l'utilisation de matériaux durables et le recyclage. L'architecte Diébédo Francis Kéré, lauréat du prix Pritzker 2022, présente une installation en terre crue et en bois, intitulée « Building from the Ground ». Il explique : « Nous devons repenser notre façon de construire en utilisant des ressources locales et renouvelables. » L'installation, qui utilise des briques en terre compressée, vise à démontrer que l'architecture écologique peut être à la fois esthétique et fonctionnelle.
Une programmation engagée
En parallèle des expositions, la Biennale propose des conférences et des ateliers sur les enjeux climatiques. Le pavillon français, par exemple, explore le thème de la « Ville frugale » avec des propositions pour réduire l'empreinte carbone des bâtiments. Selon le commissaire du pavillon, l'architecte Philippe Rahm, « l'objectif est de montrer comment l'architecture peut contribuer à la transition écologique ». La Biennale accueille également des projets venus d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, offrant une perspective globale sur les défis environnementaux.
Un impact mesurable
L'événement, qui a attiré plus de 600 000 visiteurs lors de la précédente édition, espère cette année encore sensibiliser un large public. Le directeur de la Biennale, Roberto Cicutto, a déclaré : « L'architecture a un rôle crucial à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Nous devons utiliser notre créativité pour imaginer un avenir plus durable. » Avec des installations qui allient art et écologie, la Biennale de Venise 2026 s'impose comme un rendez-vous incontournable pour repenser notre rapport à l'environnement.



