Aviation générale : une exception environnementale dénoncée
Aviation générale : une exception environnementale dénoncée

Alors qu'un deuxième épisode de chaleur exceptionnel touche la France avant même le début de l'été, les associations de riverains d'aérodromes de métropole et d'outre-mer, regroupées avec l'Union Française Contre les Nuisances des Aéronefs (UFCNA), alertent sur ce qu'elles considèrent comme une « exception française » : l'absence de réglementation environnementale pour l'aviation générale. L'Association de Défense contre les Nuisances Aériennes de l'aéroport de Cannes-Mandelieu (ADNA) s'associe à cette tribune.

Une sobriété imposée à tous, sauf dans le ciel

Partout, les pouvoirs publics appellent à la sobriété. Les citoyens sont invités à réduire leur consommation d'énergie, à modifier leurs comportements et à limiter leurs impacts sur l'environnement. Les collectivités, les entreprises, les agriculteurs et de nombreux secteurs économiques sont soumis à des contraintes croissantes dictées par l'urgence environnementale et les enjeux de santé publique. Pourtant, un secteur continue à évoluer en dehors de ce mouvement : l'aviation générale. Celle-ci englobe l'aviation légère de loisir, l'aviation sportive, l'aviation privée et d'affaires, les hélicoptères de transport privé, les ULM, le parachutisme, la voltige et les vols touristiques. Soit plusieurs centaines d'aérodromes, des centaines de milliers de mouvements sur l'ensemble du territoire national et des millions de Français exposés à ces nuisances.

Ce qui est interdit au sol reste autorisé dans le ciel

Les associations dénoncent des contradictions flagrantes. Par exemple, les carburants plombés sont toujours en usage dans l'aviation générale, alors qu'ils ont disparu depuis longtemps de la circulation routière. L'AvGas 100LL contient du plomb et du benzène, un cancérigène hautement dangereux, à des concentrations pouvant atteindre 1 gramme par litre. Selon l'ADEME, un avion de tourisme émet en moyenne 4,6 kg de CO₂ par kilomètre parcouru, soit 26 fois plus qu'une voiture et 50 fois plus que le train, par passager. Lors des épisodes de pollution atmosphérique ou de chaleur extrême, des restrictions sont imposées dans de nombreux domaines, mais l'aviation générale poursuit ses activités sans aucune limitation.

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Les riverains, oubliés de la régulation

Les populations survolées ne sont ni à l'origine des nuisances, ni bénéficiaires des activités qui les génèrent. Pourtant, ce sont elles qui en supportent les conséquences. Selon les associations, lorsque ces habitants demandent protection ou régulation, on leur reproche de gâcher la fête, et on leur demande de faire preuve de compréhension et de patience. « Pas de règles, pas de limites », résument-elles. Dans tous les autres secteurs, les nuisances environnementales sont encadrées par des règles, des objectifs à atteindre et des mécanismes de contrôle. Dans l'aviation générale, les activités aériennes peuvent se développer sans cadre environnemental, qu'il s'agisse de pollution atmosphérique, de pollution sonore ou d'atteinte au développement durable des territoires.

L'urgence d'une réglementation

Les associations estiment que cette situation n'est plus acceptable sur les plans environnemental, sanitaire et démocratique. « L'effort collectif ne peut pas s'arrêter au bord des pistes », affirment-elles. Alors que la société est appelée à faire des efforts, rien ne justifie qu'un secteur entier demeure à l'écart des exigences qui s'imposent à tous les autres. Les épisodes climatiques exceptionnels que connaît la France rendent cette question plus urgente que jamais. L'aviation générale doit désormais se soumettre aux exigences de préservation de l'environnement, de protection de la santé publique et respecter les populations qu'elle survole. Le ciel ne peut plus rester un espace d'exception.

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