Un choix qui divise. Amsterdam est récemment devenue la première métropole mondiale à interdire la publicité pour la viande et les produits dérivés des énergies fossiles dans l'espace public. Selon les élus locaux cités par la BBC, cette initiative vise à harmoniser le paysage urbain pour faire d'Amsterdam une ville neutre en carbone d'ici 2050 et réduire de moitié la consommation de viande de ses habitants sur la même période.
Faut-il interdire en France de telles publicités pour lutter contre le réchauffement climatique ?
Nous vous avons posé la question et vos réactions sont souvent passionnées, car ce débat cristallise des positions radicalement opposées.
Les publicités perçues comme des obstacles au changement des mentalités
Plusieurs d'entre vous plaident pour l'interdiction de ce type de publicités, estimant qu'elles constituent un obstacle majeur à la transition écologique. Ainsi, Stras67 écrit : « La publicité n'est pas de la liberté d'expression. Ce n'est qu'une manière de pousser à la surconsommation. » Un outil de manipulation qui entretient des comportements « suicidaires », selon Antoine. Ce lecteur estime que « le déséquilibre est trop fort entre les moyens des entreprises pour vendre leurs produits et l'effort des associations ou des particuliers pour lutter contre ces politiques suicidaires pour nous tous ».
Pour ces partisans de l'interdiction, il s'agit de déconstruire l'imaginaire lié à ces produits et de réduire la frustration sociale en limitant l'incitation plutôt qu'en augmentant les prix. Guillaume estime ainsi qu'« il est mieux de limiter la publicité, ce qui évite de créer des envies ». Alors que la publicité est une « pollution visuelle » pour Jean, Gilles relève que « les changements prennent du temps pour être intégrés […] Alors, oui il faut faire rapidement » cette interdiction pour la viande et les énergies fossiles en France.
Entre défense des traditions et scepticisme, de farouches opposants
À l'inverse, certains y voient une dérive autoritaire et inefficace. Dominique raille : « Quand le grotesque s'ajoute à l'idéologie, cela donne des lois antidémocratiques et liberticides. » Arnaud abonde : « Plus ça va, plus on interdit. Et je ne suis pas sûr de l'efficacité de la réglementation. » Les critiques portent sur le caractère « liberticide » de la loi, le risque économique et l'aspect culturel de la consommation de viande, particulièrement ancrée dans certaines régions françaises.
Pour Frédéric, une telle interdiction serait « difficile à mettre en place en France qui a une grande tradition bouchère. Je ne vois pas ça passer dans le Limousin, par exemple. Déjà qu'on a du mal en France avec les publicités sur les alcools, alors la viande… » Quant à Bernard, ce lecteur parle de « bobo écologie », estimant que seule l'innovation technologique permettra de réduire l'impact environnemental à grande échelle. Entre ceux qui prônent une sobriété imposée par l'image et ceux qui craignent une société de l'interdiction, le consensus semble impossible.



