Selon une étude du think tank Forum Vies Mobiles, 20% des Français réalisent à eux seuls 76% des vols et 90% de la distance annuelle parcourue en avion. Ce groupe, qualifié de « grands voleurs », concentre les pratiques aériennes les plus intensives, tandis que la moitié des Français n'a pas pris l'avion entre 2022 et 2024.
Une pratique socialement marquée
L'étude, réalisée par OpinionWay via un questionnaire en ligne auprès de 2 051 personnes entre mars et mai 2025, révèle que 82% des personnes interrogées ont déjà pris l'avion au cours de leur vie. Cependant, sur la période 2022-2024, seule la moitié des Français a déclaré avoir volé au moins une fois. « Ce qui en fait une pratique désormais plus courante mais encore socialement marquée », soulignent les sociologues auteurs de l'étude.
Les non-volants sont souvent plus âgés, moins diplômés, moins riches et moins urbains. À l'inverse, les habitués des aéroports se recrutent principalement parmi les catégories favorisées.
Low-cost : un outil pour les plus aisés
Contrairement à une idée reçue, le développement des compagnies low-cost a surtout « permis aux catégories les plus favorisées de voyager davantage », selon les auteurs. Ce phénomène est particulièrement marqué sur les vols long-courriers, qui ont la plus forte empreinte carbone. Ces vols concentrent « les voyageurs les plus riches, les plus diplômés et les plus urbains ».
Parmi les hypermobiles, on trouve à la fois des touristes intensifs, des « hypermobiles professionnels » – principalement des hommes cadres – et des personnes voyageant pour rejoindre leur famille. En dehors du travail, ces profils volent également davantage pour d'autres motifs.
Pas de « honte de prendre l’avion »
L'étude constate que la « honte de prendre l’avion » reste marginale et n'a qu'un effet limité sur les pratiques. Bien que l'impact climatique de l'avion soit connu, chacun développe son « mécanisme de justification ». À titre d'exemple, un seul vol Paris-New York représente 20% des émissions annuelles d'un Français.
Un autre enseignement : les personnes ayant pris l'avion avant 18 ans ont quatre fois plus de chances de le reprendre une fois adultes.
Une allocation pour limiter les vols
Pour réduire les émissions liées à l'aviation, le Forum Vies Mobiles propose de « cibler les pratiques d’une minorité hypermobile plutôt que les déplacements occasionnels ». Le think tank suggère de mettre en place « une allocation de deux voyages aériens aller-retour par personne et par an (hors motifs professionnels) ». Ce dispositif viserait à « préserver la possibilité de voyager pour tous » tout en réduisant significativement les émissions des usages les plus intensifs.



