Le Parc naturel régional (PNR) des Préalpes d'Azur tire la sonnette d'alarme après un été 2025 marqué par une forte pression sur les sites naturels sensibles. Sa directrice, Dominique Reisler, livre ses préconisations pour concilier découverte de la nature et préservation de la biodiversité.
Un message de respect pour les visiteurs
Pour cette saison estivale, le principal message adressé aux visiteurs est celui du respect des territoires et de la vie qui est présente partout dans les Préalpes d'Azur. « La difficulté, c’est qu’on est sur un territoire qui est très riche en biodiversité, avec des gens qui travaillent », explique Dominique Reisler. Elle insiste : « Quand on arrive dans le Parc, il faut se dire : on n’est pas chez soi, on est forcément chez quelqu’un. Il faut donc se positionner comme invité et être respectueux du cadre de vie. »
Conséquences de la surfréquentation
La fréquentation est en augmentation, notamment sur les sites de baignade comme les Gorges du Loup, la Siagne, le Pont des Tuves ou l’Estéron. Les réseaux sociaux, en mettant en avant les cascades et les eaux limpides, ont une incidence importante sur cette affluence. « La difficulté, c’est le nombre de personnes qui se retrouvent sur ces sites sensibles à la même période. Il y a un million de personnes aux portes du Parc », précise la directrice.
Chiffres alarmants de l'été 2025
Les chiffres de 2025 sont préoccupants, surtout en ce qui concerne le risque incendie. « On a nettoyé 306 'places à feu', soit des endroits qui ont fait l’objet d’un feu de camp ou d’un barbecue. On a trouvé 212 mégots aussi. Ça veut dire que les gens jettent encore leurs cigarettes par terre ! », s'indigne Dominique Reisler. Elle rappelle qu'un mégot met plus de cinq cents ans à se dégrader et pollue des mètres cubes d'eau. Par ailleurs, 167 barrages ont été recensés : « Les gens s’amusent à faire de petits bassins avec des galets. Le problème, c’est que sous les galets, il y a une faune aquatique qui grouille, comme des petites écrevisses ou des larves de libellules. Cette pratique a une incidence. De plus, on empêche la rivière de couler normalement. » Enfin, 215 stationnements sauvages ont été constatés, pouvant entraver le passage des pompiers.
Actions mises en place
Pour l'été 2026, le PNR a mis en place un dispositif de surveillance renforcée, en collaboration avec des agents assermentés capables de verbaliser (amende de 135 euros) et des ambassadeurs chargés de la sensibilisation et de la veille. Les offices de tourisme orientent les visiteurs vers des sites alternatifs moins sensibles. La commune de Tourrettes-sur-Loup a interdit la baignade et les feux sur les rives du Loup, de la Confiserie Florian jusqu'à la passerelle.
Sensibilisation ou verbalisation ?
« Les deux sont complémentaires, même si le PNR n’a pas pour objectif de faire de la répression », affirme la directrice. Elle mise sur l'incitation et la compréhension des espaces pour changer les comportements, notamment auprès des enfants, car le risque incendie est particulièrement élevé cet été.
Comportements à proscrire
Dominique Reisler liste les comportements à éviter : ne pas venir avec l'intention de fumer, ne pas faire de feu de camp, de barbecue, ni utiliser de réchaud à gaz. Le bivouac est toléré, mais sans feu. Il est également recommandé de tenir les chiens en laisse à cause des troupeaux, de rester sur les sentiers, de ne pas construire de barrages et de ramener ses déchets, même organiques, car la diffusion de graines et de noyaux peut modifier la biodiversité.
Une idée reçue à déconstruire
« Le PNR n’est pas un parc national », rappelle la directrice. Il a été créé pour préserver et valoriser une zone emblématique, tant pour ses paysages que pour son patrimoine culturel et vernaculaire. « Ce n’est pas une mise sous cloche. C’est avant tout un espace dans lequel des gens vivent et travaillent. Le fait d’y favoriser des activités permet aussi de désenclaver certains villages et de maintenir la ruralité. »



