Le projet Pégase entre dans sa deuxième phase pour sauver la plage du Grau d’Agde
Pégase phase 2 : espoir pour la plage du Grau d’Agde

Le projet Pégase entre dans sa deuxième phase pour sauver la plage du Grau d’Agde

La plage du Grau d’Agde va-t-elle enfin retrouver de sa superbe ? L’équipe de la société montpelliéraine Seaboost a présenté la deuxième phase du projet Pégase, qui débute la semaine prochaine avec l’immersion de 140 modules supplémentaires entre les deux brise-lames. Cette initiative expérimentale, financée par l’entreprise, l’État et la Région, nourrit l’espoir d’un réensablement significatif de cette plage emblématique.

Un dispositif innovant inspiré par la mangrove

Le projet Pégase repose sur une solution novatrice : des modules fixés sur des pieux plantés à plus de 5 mètres dans le sable, imitant l’action des racines de palétuviers dans les mangroves. L’objectif principal est de casser la force des courants et des vagues, responsables de l’érosion du littoral. « Le but est de dissiper les houles hivernales destructrices qui enlèvent le sable de la plage, tout en restant poreux aux courants pour assurer une bonne qualité des eaux », explique Mathis Cognat, chef de projet technique chez Seaboost.

Après des mois d’observations et de mesures, les résultats sont encourageants. Les modules dissiperaient environ 30 % de l’énergie des vagues, avec un taux de dissipation atteignant 55 % pour les événements les plus destructeurs. Cependant, les scientifiques restent prudents. « Avec la pose des quarante-deux premiers modules il y a trois ans, on ne s’attendait pas à des effets immédiats sur le déplacement du stock sableux », précise Guillaume Rey, directeur général de Seaboost. « On visait avant tout une réduction de la force des vagues. »

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Des améliorations techniques pour optimiser l’efficacité

La deuxième phase du projet intègre des modules améliorés, équipés de peignes en bois pour augmenter le réseau vertical et renforcer l’effet de dissipation de la houle. « Ces ajouts permettent d’accroître l’efficacité du dispositif », indique Rodrigue Rey, chef de projet travaux. La modélisation informatique a également guidé la disposition des 140 nouveaux modules, organisés en plusieurs lignes de quatre entre les brise-lames.

Cette approche ciblée répond à un besoin précis. « C’est vraiment le secteur qu’il nous reste à protéger », souligne Sébastien Frey, maire d’Agde et président de l’agglomération, présent pour le lancement des travaux. Il rappelle que le reste du littoral agathois est relativement épargné par l’érosion marine, contrairement à la plage du Grau.

Un espoir mesuré pour le réensablement

Si les baigneurs observent déjà une légère avancée de la langue de sable par jours favorables, un retour à l’état des années 1950 semble utopique. À l’époque, la plage était si large que rejoindre la mer depuis le parking pouvait brûler les pieds nus en été. Toutefois, la deuxième phase du projet Pégase pourrait avoir un impact positif sur le réensablement, selon les experts.

Le temps de l’observation scientifique ne coïncide pas toujours avec les attentes des habitants et des touristes. Mais l’engagement des acteurs locaux et les innovations techniques laissent entrevoir une lueur d’espoir pour préserver ce patrimoine naturel. La réussite de cette phase déterminera peut-être l’avenir de la plage du Grau d’Agde face aux défis de l’érosion côtière.

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