Parlement des liens : l’eau et sa qualité, un sujet préoccupant
Parlement des liens : l’eau, un sujet préoccupant

Le Parlement des liens a annoncé la création d’un groupe de travail dédié à la qualité de l’eau, lors d’une conférence intitulée « L’eau, un commun menacé : quelle gestion collective face aux pollutions invisibles », qui s’est tenue dans une salle comble à La Capelle-et-Masmolène, dans le Gard. Cet événement a réuni un public nombreux, témoignant de l’importance croissante de cette thématique.

Une prise de conscience mondiale

Marie-Hélène Pillot a ouvert la séance en citant le rapport de janvier 2025 de l’Institut universitaire des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé : « La Terre est entrée dans une ère de faillite hydrique mondiale, avec une consommation d’eau à long terme qui dépasse son renouvellement. L’usage et la pollution ont dépassé les apports renouvelables et le capital naturel. » Elle a ensuite annoncé la formation d’un groupe de travail qui se réunira dès le 28 avril pour réfléchir à la mise en place d’actions locales expérimentales et à leur viabilité économique.

Les risques futurs

Bérangère Noguier a cité le rapport de 2025 du World Forum : « En 2035, la question des pollutions chimiques de l’eau sera le 4e risque majeur à l’échelle de l’humanité. » Elle a rappelé l’impact du réchauffement climatique sur les ressources en eau dans le Gard, une région où la population continue de croître. Elle a également souligné la démarche « eau et climat » mise en œuvre par le département depuis 2018.

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Des études et des témoignages

Régis Nayrolles, chargé de la gestion de l’eau sur le bassin-versant des Gardons à l’EPTB Gardon, a détaillé les types d’études, de prélèvements et la surveillance des indices biologiques réalisés, notamment sur l’eau, la population piscicole, les végétaux et les chironomes.

Isabelle Grémy, médecin épidémiologiste et directrice de l’Observatoire régional de santé de l’Île-de-France de 2004 à 2011 et de 2017 à 2023, a déclaré : « Les polluants de l’eau sont nombreux, percolent les sols, contaminent l’eau et les nappes phréatiques, persistent dans les écosystèmes et sont bioaccumulables chez les humains. Les métaux lourds et polluants éternels d’origine industrielle ont des effets sanitaires forts et différents sur les populations, provoquant cancers, insuffisance rénale, retard de développement, etc. Certains pesticides, les phtalates et le bisphénol A sont des perturbateurs endocriniens. Leur effet cocktail est mal connu. »

L’importance des citoyens

Enfin, Christelle Gramaglia, sociologue des sciences de l’environnement spécialisée dans les territoires pollués et chargée de recherche à l’INRAE, a expliqué que « les infrastructures ont modifié la forme des rivières, qui ne s’écoulent plus naturellement, impactant la bonne santé des écosystèmes. Elle a noté l’importance de collecter des témoignages sociaux : les citoyens repèrent des traces de pollution. Travailler sans eux n’est plus d’actualité. Une aquathèque, future archive pour l’eau et les milieux aquatiques, serait une piste. »

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