Sur les plages landaises, la surveillance ne s'arrête plus avec l'été. Depuis le 1er octobre 2025, un dispositif inédit en Europe, intitulé NSXL (Nageurs-sauveteurs à la puissance XL), mise sur la prévention et les patrouilles pour réduire les risques de noyade tout au long de l'année.
Un dispositif unique en Europe
Depuis leur mirador, les maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) de la plage du Penon, à Seignosse, observent les baigneurs en ce lundi de Pentecôte. Deux drapeaux bicolores délimitent la zone de baignade surveillée. Dans l'eau, un MNS en paddle veille à ce qu'aucun nageur ne soit emporté au large, tandis qu'au poste de secours, les petites blessures sont prises en charge. « Hier, nous avons eu trois noyades de stade 1 (aussi appelé aquastress, NDLR). Donc, nous avons essayé d'anticiper au maximum aujourd'hui », indique David Treku, coordinateur de la sécurité des plages à Seignosse.
Face à une fréquentation croissante des plages hors saison et à des épisodes de chaleur de plus en plus précoces, les Landes expérimentent depuis le 1er octobre 2025 une surveillance du littoral à l'année grâce à 24 MNS. Ce dispositif, intitulé NSXL, est unique en Europe. Il a été déployé par le Conseil départemental des Landes et le Syndicat mixte de gestion des baignades landaises (SMBGL). « Notre mission première est l'acculturation, puis nous complétons la chaîne de secours et intervenons si besoin », explique Guillaume Blancart, coordinateur du projet.
10 000 personnes sensibilisées
La force du modèle landais repose sur une présence là où il n'y a pas de surveillance classique, notamment avant l'ouverture estivale des postes de secours. « Nous avons réalisé 367 patrouilles de prévention depuis le 1er octobre, avec 10 000 personnes sensibilisées, entre baigneurs et promeneurs », poursuit-il. Dans les Landes, aucun décès par noyade n'a été enregistré en zone surveillée depuis environ un an et demi.
Une adaptation nécessaire face au changement climatique
Avec des épisodes de chaleur de plus en plus précoces, liés au réchauffement climatique, l'extension des périodes de surveillance est devenue « une nécessité ». « On voit qu'il faut s'adapter. Aujourd'hui, certaines communes ont fait le choix de mettre en place une surveillance continue sur six à sept mois », analyse Guillaume Blancart. En période estivale, 470 MNS se relaient sur environ 50 plages océanes et lacustres afin de prévenir les accidents.
Un modèle transposable ?
Toujours en phase expérimentale, le dispositif dresse un bilan encourageant et les MNS espèrent poursuivre leur travail de pédagogie auprès du plus grand nombre. « Je trouve qu'avec tout ce que l'on déploie et la manière dont on communique, on se dirige vers une responsabilisation des usagers. On est dans la bonne direction. » Ils ciblent particulièrement le milieu scolaire, avec des actions de sensibilisation menées cette année auprès d'élèves de CM2 et de 4e.
Ce modèle peut-il être transposable dans d'autres départements ? Oui, selon Guillaume Blancart. « Nous pouvons servir de modèle, notamment pour la Gironde. Notre dispositif, même s'il est expérimental, a fait ses preuves. » Pour rappel, les plages girondines viennent d'être endeuillées par la mort de deux baigneurs ce dimanche 24 mai. Reste désormais à savoir si cette surveillance à l'année deviendra, demain, la norme sur l'ensemble du littoral.



