Inspection des digues avant les grandes marées de mars : un travail urgent en Gironde
Inspection urgente des digues avant les grandes marées en Gironde

Inspection urgente des digues avant les grandes marées de mars en Gironde

Les membres de l'Association Syndicale Autorisée (ASA) des Palus d'Arveyres et Génissac, accompagnés des élus des deux communes girondines, ont mené une inspection minutieuse des digues ce jeudi 26 février. Cette visite avait pour objectif de vérifier l'état des ouvrages de protection et d'identifier les réparations urgentes à réaliser avant l'arrivée des grandes marées de mars.

Une situation préoccupante révélée par l'inspection

Le groupe, conduit par Olivier Cazenave, président de l'ASA, a arpenté les digues longeant le Barrail de Jacques. Les observations sont alarmantes : « Vous voyez, là-bas, il y a un point très bas. Il va falloir rehausser... » constate-t-il. La surverse a endommagé certaines sections de la digue, tandis que d'autres ont mieux résisté. Partout, des travaux de complément et de renforcement s'avèrent nécessaires.

L'urgence est d'autant plus grande que les grandes marées sont attendues à partir du mardi 3 mars, avec un coefficient de 99 le mercredi 4 mars, puis des coefficients encore plus élevés du 19 au 22 mars, pouvant atteindre 104. Les digues doivent impérativement être remises à niveau pour faire face à ces événements.

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Le problème crucial des pelles de décharge

Parmi les découvertes les plus inquiétantes, l'état des pelles, ces ouvrages de décharge essentiels au bon fonctionnement du système de protection. Seules quatre pelles, rénovées il y a environ vingt-cinq ans, ont pu être dégagées et sont opérationnelles. Or, l'ouvrage en compte vingt au total, révélant un déficit majeur de maintenance.

« Certaines sont en gestion directe par l'ASA, d'autres sont privées mais nous serons sans doute amenés à les reprendre » explique Olivier Cazenave. La question de l'entretien est complexe : certains propriétaires vieillissants ne peuvent plus assurer cette tâche, d'autres par ignorance ou refus d'accès ont laissé les ouvrages à l'abandon.

Des ouvrages cachés par la végétation

L'inspection a révélé des situations surprenantes, comme l'ouvrage de Réau, pourtant imposant, qui avait complètement disparu des radars. Dissimulé par plus d'un mètre d'alluvions et une végétation dense, cette structure de béton dotée de pelles métalliques n'avait jamais servi depuis la création de l'ASA en 1954. « Un ancien propriétaire avait fait refaire quatre pelles il y a vingt-cinq ans environ, qui ont pu être dégagées. Mais l'ouvrage en compte 20 ! » relate Olivier Cazenave après avoir consulté la mémoire des anciens.

Ce n'est qu'à la faveur d'un grand débroussaillage mené il y a deux ans avec les services de la Cali que certains ouvrages, enfouis sous les ronces, sont réapparus.

Impact sur les activités humaines et phasage des travaux

Les conséquences des inondations récentes sont déjà sensibles. L'eau dans les palus n'est pas complètement redescendue, et les dégâts impactent l'activité humaine. Un maraîcher a tout perdu, et même le poney club a dû interrompre son activité. « Il a fallu mettre 28 chevaux en sécurité » raconte Samuel Walton, premier adjoint au maire d'Arveyres.

Face à cette situation, l'approche est pragmatique. « Les entreprises sont prévenues. Les travaux commencent ce vendredi et se poursuivront dans le week-end » annonce-t-on. Plusieurs niveaux d'intervention sont prévus : travaux d'urgence immédiats, interventions programmées dès que « tout sera redevenu sec », et projets à plus long terme.

Pour chaque tronçon, les visiteurs planifient l'accès et les moyens à mettre en œuvre. « Comme de prendre de la terre dans les prairies, avec l'accord des propriétaires » explique Samuel Walton. « On prélèverait plus tard de la terre de l'aubarède [derrière la digue] pour compenser... »

L'ASA des palus d'Arveyres et Génissac entretient près de 14 kilomètres de digues, un patrimoine essentiel dont la maintenance régulière s'avère plus que jamais cruciale à l'approche des grandes marées de mars.

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