Huitres fragiles à Gujan-Mestras : le pari de Viktoria et Nicolas Courbin
Huitres fragiles à Gujan-Mestras : le pari des Courbin

Dans le bassin d'Arcachon, à Gujan-Mestras, Viktoria et Nicolas Courbin exploitent la Baraque, une cabane ostréicole où ils élèvent des huitres fragiles. Leur production, confrontée au réchauffement climatique et aux épizooties, illustre les difficultés d'un métier en pleine mutation.

Une exploitation familiale sous tension

La Baraque, située sur le port de Gujan-Mestras, est l'une des nombreuses cabanes ostréicoles du bassin. Viktoria et Nicolas Courbin y perpétuent un savoir-faire familial, mais leurs huitres, essentiellement des naissains élevés sur filières, subissent de plein fouet les aléas du milieu naturel. En 2026, la mortalité des huitres a atteint des niveaux record, touchant jusqu'à 80 % des juvéniles dans certaines zones, selon les relevés locaux.

Les Courbin, comme d'autres ostréiculteurs, doivent composer avec des eaux plus chaudes et des virus émergents. « On ne sait jamais, d'une année sur l'autre, ce qu'on va récolter », explique Nicolas Courbin, qui observe une dégradation progressive des conditions de production depuis une décennie.

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Des huitres fragiles, un pari économique

Face à ces contraintes, le couple a choisi de se spécialiser dans des huitres dites « fragiles », c'est-à-dire des coquillages à la coquille fine et à la chair délicate, très prisés des restaurateurs. Ce choix implique une surveillance accrue et des manipulations délicates, car ces huitres supportent mal les transports et les variations de température.

Leur production, vendue en grande partie à des chefs locaux, représente environ 30 tonnes par an, un volume modeste mais à forte valeur ajoutée. « Nous avons réduit la voilure pour mieux contrôler la qualité », précise Viktoria Courbin, qui assure la commercialisation.

Un avenir incertain pour l'ostréiculture locale

Les difficultés rencontrées par les Courbin ne sont pas isolées. Dans le bassin d'Arcachon, la production d'huitres a chuté de 25 % en cinq ans, selon les données du comité régional de la conchyliculture. Les maladies, comme l'herpèsvirus OsHV-1, et la prédation par les dorades fragilisent les élevages.

Pour l'instant, la Baraque tient bon, mais les Courbin envisagent de diversifier leurs activités, notamment en développant l'accueil touristique. « Il faut s'adapter ou disparaître », conclut Nicolas Courbin, résigné mais déterminé.

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