Le président américain Donald Trump a signé un décret déclarant l'état d'urgence sur le réseau électrique des États-Unis. Cette mesure, annoncée le 27 août 2026, vise officiellement à protéger les infrastructures critiques contre les cyberattaques, mais elle cible en réalité la Chine, sans jamais la nommer explicitement. Le décret impose des restrictions sur l'utilisation de certains équipements électriques, notamment ceux fabriqués par des entreprises chinoises, dans le but de réduire la dépendance américaine envers Pékin.
Selon le texte du décret, l'état d'urgence permet au gouvernement fédéral de prendre des mesures exceptionnelles pour sécuriser le réseau électrique, y compris la possibilité de contraindre les fournisseurs à remplacer les équipements jugés à risque. Les responsables américains ont souligné que cette décision fait suite à une série de cyberattaques attribuées à des acteurs étatiques chinois, qui ont ciblé des installations électriques dans plusieurs États. Bien que le nom de la Chine ne soit pas mentionné, les références aux "adversaires étrangers" et aux "technologies sensibles" sont sans équivoque.
Une mesure qui inquiète les industriels et les alliés
Cette annonce a immédiatement suscité des réactions contrastées. Les entreprises américaines du secteur de l'énergie, qui dépendent largement de composants importés, redoutent des perturbations dans leurs chaînes d'approvisionnement. "C'est un bouleversement majeur qui pourrait coûter des milliards de dollars aux opérateurs électriques", a déclaré un analyste du secteur, cité par Le Monde. Les alliés des États-Unis, notamment en Europe, s'interrogent également sur les conséquences de cette mesure sur le commerce international et sur la stabilité des marchés de l'énergie.
Le décret prévoit un calendrier de mise en œuvre progressif : les agences fédérales disposeront de 90 jours pour publier les lignes directrices détaillées, et les opérateurs auront ensuite un délai de deux ans pour se conformer aux nouvelles exigences. Selon les estimations du ministère de l'Énergie, environ 30 % des équipements critiques du réseau électrique américain proviennent actuellement de fabricants chinois, ce qui représente un défi logistique et financier considérable pour les remplacer.
La Chine dénonce une mesure protectionniste
La Chine a rapidement réagi en dénonçant une mesure "protectionniste et discriminatoire". Le ministère chinois des Affaires étrangères a appelé les États-Unis à revenir sur cette décision, affirmant qu'elle nuirait à la coopération économique mondiale et pourrait entraîner des représailles. Les analystes estiment que cette escalade pourrait raviver les tensions commerciales entre les deux puissances, déjà vives sur d'autres dossiers comme les semi-conducteurs et les véhicules électriques.
Sur le plan intérieur, la mesure de Donald Trump s'inscrit dans sa stratégie plus large de "sécurité économique" et de "priorité à l'Amérique", qu'il a martelée lors de sa campagne. Cependant, certains experts juridiques doutent de la légalité de ce décret, qui pourrait être contesté devant les tribunaux par des entreprises lésées. Le décret invoque la loi sur les pouvoirs d'urgence économiques internationaux, un texte de 1977, mais son application à des équipements non liés à des sanctions spécifiques pourrait être jugée excessive.
Un impact potentiel sur les prix de l'électricité
Les consommateurs américains pourraient également ressentir les effets de cette mesure à travers une hausse des prix de l'électricité. Le remplacement des équipements chinois par des alternatives américaines ou alliées, souvent plus coûteuses, risque d'augmenter les coûts pour les opérateurs, qui pourraient les répercuter sur les factures. Selon une étude préliminaire du département de l'Énergie, le coût total de la mise en conformité pourrait atteindre 50 milliards de dollars sur cinq ans.
Le gouvernement Trump assure que ces investissements sont nécessaires pour garantir la sécurité nationale et que les coûts seront compensés par une réduction des risques de cyberattaques. "Nous ne pouvons pas laisser des infrastructures critiques dépendre de technologies qui pourraient être utilisées contre nous", a déclaré un haut responsable de la Maison Blanche, cité dans le décret. La mise en œuvre de ce décret sera surveillée de près par les marchés financiers et les gouvernements étrangers, alors que les élections de mi-mandat approchent aux États-Unis.



