Au 1er août 2026, près de deux tiers (63 %) des nappes phréatiques françaises présentent des niveaux sous les normales, selon le bulletin mensuel du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), publié ce lundi 10 août. Cette dégradation, qui s'accentue sous l'effet des vagues de chaleur répétées et de l'augmentation des prélèvements en eau, inquiète particulièrement pour les nappes du socle limousin et les calcaires de la Côte des Bar, au sud de la Champagne, qui affichent des niveaux « très bas ».
Une situation qui se dégrade rapidement
Le BRGM indique que la quasi-totalité (94 %) des réserves souterraines en eau de la métropole présente des niveaux en baisse au 1er août. La situation des nappes « se dégrade », précise le service géologique national. Cette tendance est directement liée au déficit de pluie efficace en juillet et à l'augmentation de la demande en eau des différents usages, notamment agricoles et touristiques.
Le mois de juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré en France et le 3e mois de juillet le plus pauvre en précipitations, avec un déficit de pluie de près de 70 % à l'échelle nationale, selon Météo France. Deux vagues de chaleur ont marqué le mois : la première, du 4 au 19 juillet, est la troisième plus longue jamais enregistrée dans le pays. La seconde, débutée le 28 juillet, est toujours en cours, et une nouvelle – la 5e depuis le mois de mai – a déjà fait son apparition.
Des restrictions d'eau étendues
Face à cette situation, le gouvernement a indiqué que près de 70 % de la France faisait déjà l'objet de mesures de restrictions de l'eau. Une nouvelle réunion de crise est prévue mercredi pour faire le point. Ces restrictions concernent notamment l'arrosage des cultures, le remplissage des piscines et le lavage des voitures, dans les zones les plus touchées.
La vidange des nappes, phénomène classique en été, est cette année particulièrement forte. Malgré une recharge hivernale importante, les niveaux sont en baisse constante depuis le printemps. Au 1er juillet, 54 % des nappes étaient déjà sous les normales ; un mois plus tard, elles sont 63 %, soit une augmentation de près de 10 points.
Comparaison avec les années précédentes
La sécheresse actuelle est « plus dégradée » que celle observée fin juillet 2025, où seuls 44 % des niveaux étaient sous les normales. Cependant, elle n'atteint pas encore la sévérité de 2022, année de sécheresse historique en France, où 73 % des nappes affichaient des niveaux inférieurs aux normales au 1er août.
Le BRGM souligne que les prévisions pour les prochains mois restent « incertaines » et dépendront en grande partie des éventuelles pluies estivales. Mais compte tenu des besoins de la végétation, des températures plus élevées attendues dans les scénarios de Météo France pour les trois prochains mois et de l'augmentation des prélèvements, la vidange des nappes devrait « s'accentuer » en août « sur la quasi-totalité des nappes », estime l'organisme.
Des conséquences pour l'agriculture et l'eau potable
Les nappes phréatiques sont les principales réserves en eau potable du pays. Leur niveau bas menace l'approvisionnement en eau de nombreuses communes, notamment dans le Limousin et le sud de la Champagne. L'agriculture est également fortement impactée : les cultures de maïs, notamment, souffrent de la sécheresse, comme en témoigne un champ de maïs asséché à Clohars-Carnoet, dans le Finistère, photographié le 10 août 2026.
Le gouvernement a annoncé une réunion de crise mercredi pour coordonner les actions et évaluer les besoins. En attendant, les restrictions d'eau restent en vigueur dans une grande partie du territoire, et les experts appellent à une gestion plus sobre de la ressource.



