Les archives de la station météorologique de Salindres, dans le Gard, montrent un réchauffement spectaculaire : la température moyenne y est passée de 12,8°C entre 1881 et 1980 à près de 15°C aujourd'hui, soit une hausse de 2,1°C en moins d'un demi-siècle. Cette évolution, qualifiée de « rupture anthropique » par les observateurs, s'accompagne d'une modification profonde du régime des pluies.
Un siècle de données météorologiques
La station officielle de Météo France installée dans la commune fournit des relevés continus depuis le 1er janvier 1881, considérés comme les plus fournis du département. L'analyse de la courbe des températures sur cette période révèle une nette accélération du réchauffement à partir de 1980. Entre 1881 et 1980, la température moyenne était de 12,8°C, avec deux étés caniculaires en 1911 et 1947 et deux hivers très rigoureux en 1956 et 1963. Depuis 1981, la courbe s'emballe.
Des étés plus chauds, des hivers moins froids
La période récente est marquée par la disparition des vagues de froid hivernales et l'apparition de blocages anticycloniques estivaux extrêmes. Le record absolu de chaleur a été enregistré en août 2023 avec 44,4°C. Salindres a d'ailleurs été la ville la plus chaude de France le 12 août dernier, affichant 40,9°C.
Des pluies plus intenses et irrégulières
Les relevés pluviométriques montrent une stabilité relative des volumes d'eau, autour de 1 100 mm par an, mais avec une répartition extrême. La commune, située en zone cévenole, subit de septembre à novembre des épisodes pluvieux intenses qui peuvent représenter 50 % du total annuel en quelques jours. Des records à 1 700 mm ont été relevés en 1907 et 2014. À l'inverse, des années de sécheresse avec moins de 600 mm de précipitations ont été enregistrées en 1989 et 2022, comme celle que la France connaît actuellement.
Un climat méditerranéen strict
En résumé, le climat de Salindres connaît une accélération brutale du réchauffement depuis 1980, une intensification des précipitations avec disparition progressive des années dites « normales », et une réduction des pluies printanières régulières au profit de celles automnales. Ces éléments expliquent que la commune est passée à un climat méditerranéen qualifié de strict.



