Microfictions verticales : le cinéma de demain ?
Microfictions verticales : le cinéma de demain ?

Les mini-séries verticales, venues en grande partie de Chine, envahissent les smartphones avec des épisodes d'à peine une minute trente, des histoires d'amour et de vengeance, et parfois des acteurs entièrement numériques. Derrière leur côté kitsch se cache une industrie qui pourrait bien bousculer l'audiovisuel occidental.

Un phénomène venu de Chine

Vous les avez certainement croisées sur Facebook, Instagram ou TikTok. Milliardaires, héritières déchues, amours impossibles, trahisons : les scénarios sont simples et parfois répétitifs. Leurs particularités ? Ces histoires sont découpées en des dizaines d'épisodes qui ne durent parfois qu'une minute trente, avec un final destiné à vous faire regarder le suivant. Même la musique peut tourner en boucle d'un épisode à l'autre.

Derrière des applications comme StardustTV, DramaWave, DramaBox ou ReelShort se développe une véritable industrie de la micro-fiction verticale, largement inspirée d'un modèle qui a explosé en Chine. Et ce ne sont pas toujours de petites sociétés isolées. Plusieurs plateformes sont liées à d'importants groupes chinois de l'Internet et du contenu numérique. DramaWave affiche par exemple plus de 100 millions de téléchargements sur Google Play.

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Des acteurs virtuels générés par IA

Certaines productions vont encore plus loin : les acteurs n'existent tout simplement pas. Visages, corps, expressions, voix, mouvements et décors peuvent être générés par intelligence artificielle. L'IA n'est donc plus seulement derrière la caméra : elle passe aussi devant.

Le modèle économique est, lui aussi, particulièrement efficace. Lors d'un test de StardustTV, un abonnement est proposé à 18 dollars par semaine, ou environ 150 euros par an. Dans les paramètres de l'application, plus de 200 entreprises associées aux cookies et partenaires apparaissent également lors de l'essai.

Un laboratoire pour le cinéma de demain ?

Pour l'instant, on est loin d'un chef-d'œuvre Pixar. Mais ces productions ont un autre avantage : elles peuvent être fabriquées rapidement, massivement et à des coûts très inférieurs à ceux de l'audiovisuel traditionnel. Et Hollywood observe déjà ces technologies. Disney investit dans l'intelligence artificielle, tandis que Lionsgate travaille notamment avec Runway.

Après avoir bousculé des secteurs comme l'automobile, les entreprises chinoises pourraient-elles désormais rebattre les cartes du divertissement mondial ? Ces curieuses séries sont peut-être moins une mode passagère qu'un laboratoire de la télévision et du cinéma de demain, comme l'explique le podcast « 2 minutes chrono » de Midi Libre.

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