Le 10 juillet, un journaliste de l'AFP a photographié et filmé un paysage apocalyptique près d'Ancenis (Loire-Atlantique) : un pont surplombant la Loire, ou plutôt ce qu'il en reste, avec de vastes étendues de sable à la place de l'eau. Les images ont été massivement relayées sur les réseaux sociaux et dans les médias, dont 20 Minutes, pour illustrer la canicule. Mais de nombreux internautes ont rapidement souligné que ces clichés pouvaient prêter à confusion, laissant penser que la Loire était à sec, ce qui n'est (presque) pas le cas.
Un pont entre deux départements
Le pont de Varades, situé à une cinquantaine de minutes de Nantes, marque la frontière entre la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire. Cette structure en béton enjambe sur quelques centaines de mètres le plus long fleuve de France. Depuis une semaine, la Loire semble s'être évaporée, ne laissant que de longues étendues de sable. Mercredi midi, malgré une baisse du mercure, seuls quelques minces filets d'eau étaient visibles depuis la première partie du pont.
En réalité, le pont de Varades permet de traverser deux bras de la Loire. Les récentes images montrent le second bras, tandis que le bras principal, plus étroit, laisse encore passer l'eau. Pour les riverains, la situation n'est pas si surprenante. Éric et Valérie, installés en terrasse au bord du fleuve, commentent ce décor désertique : « Nous habitons dans le coin depuis plusieurs années, l'été nous avons toujours observé ces grandes étendues de sable côté Loire-Atlantique », explique Valérie. « Le premier bras, côté Maine-et-Loire, est toujours traversé par l'eau tandis que le second est facilement asséché lorsque le thermomètre s'enflamme. »
Une sécheresse précoce qui inquiète
Les riverains se disent tout de même inquiets : cet été, l'eau a laissé place au sable étonnamment tôt. « L'année dernière, et même lors des canicules précédentes, le deuxième bras de la Loire n'était pas à sec dès le mois de juillet, mais plutôt sur la deuxième partie du mois d'août », constate Mélanie, habitante de Loireauxence.
Selon les données de la station Vigicrues la plus proche, le niveau de la Loire est bel et bien en baisse sur les 30 derniers jours. Mercredi à 15 heures, la station de Montjean-sur-Loire affichait un débit de 119,5 mètres cubes par seconde. C'est peu, mais au-dessus du seuil de débit de crise fixé à 100 mètres cubes par seconde.
Contactée, la mairie de Loireauxence n'a pas pu répondre dans l'immédiat. Mais le maire Jean-Paul Huet s'est exprimé il y a quelques jours sur France 2 : « On a constaté une baisse significative de cinq centimètres du niveau » sur le bras principal, a-t-il indiqué, faisant part de son « inquiétude » pour les semaines à venir alors que la commune y puise son eau potable. « On a un fort risque de se retrouver en restriction », a-t-il commenté, confirmant « un bon mois d'avance » sur la sécheresse de la Loire.
Un contraste saisissant avec l'hiver
« Le niveau de la Loire peut parfois être surprenant », rappelle Valérie. Cet hiver, « l'eau des deux bras est montée si haut qu'on distinguait à peine l'île qui les sépare », se souvient-elle. En février, la Loire avait atteint des niveaux exceptionnels dans les deux départements. Dans les prochains jours, quelques précieux épisodes de pluie devraient redonner vie à ce fleuve très apprécié des riverains.
Les prénoms ont été modifiés.



