L'Union européenne a accordé à l'industrie lourde un délai supplémentaire de quatre ans pour respecter les objectifs de réduction des émissions de CO2. Cette décision, prise dans le cadre de la révision du système d'échange de quotas d'émission (ETS), permet aux secteurs comme l'acier, le ciment et la chimie de bénéficier de quotas gratuits jusqu'en 2030, au lieu de 2026 initialement prévu.
Une décision controversée
Les associations environnementales dénoncent un recul face aux lobbies industriels. Selon Greenpeace, cette mesure retardera les investissements nécessaires dans les technologies propres. « C'est un cadeau fait aux pollueurs, qui continueront à émettre sans contrainte », a déclaré un porte-parole de l'ONG.
La Commission européenne justifie ce report par la nécessité de préserver la compétitivité des industries européennes face à la concurrence internationale, notamment chinoise. Bruxelles estime que les entreprises ont besoin de plus de temps pour s'adapter sans délocaliser leur production.
Un impact sur le climat
Selon les calculs de l'Agence européenne pour l'environnement, les émissions de CO2 de l'industrie lourde pourraient être de 200 millions de tonnes supplémentaires d'ici 2030 à cause de ce report. Cela représente environ 5% des émissions totales de l'UE en 2020.
Les eurodéputés verts ont critiqué cette décision, la qualifiant de « trahison des engagements climatiques de l'UE ». Ils rappellent que l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050 nécessite des actions immédiates.
Réactions des industriels
Les fédérations professionnelles, comme l'Association européenne de l'acier (Eurofer), saluent une décision « pragmatique » qui permet d'éviter des pertes d'emplois. « Nous avons besoin de temps pour déployer des technologies bas-carbone sans sacrifier notre compétitivité », a indiqué un représentant d'Eurofer.
La décision doit encore être approuvée par le Conseil de l'UE et le Parlement européen. Les négociations s'annoncent tendues, les ONG promettant de faire pression sur les députés.



