La France ralentit sa baisse des émissions de gaz à effet de serre, loin des objectifs climatiques
France : baisse des émissions trop lente pour les objectifs climatiques

La France en retard sur ses objectifs climatiques

Les dernières données publiées par le Citepa, l'organisme de référence pour le suivi des émissions en France, dressent un constat alarmant concernant la lutte contre le changement climatique. En 2025, la réduction des gaz à effet de serre s'est limitée à seulement 1,5%, un chiffre bien inférieur aux ambitions nationales et qui marque un net ralentissement par rapport aux années précédentes.

Un rythme de baisse insuffisant

La tendance à la diminution des émissions se maintient, mais à un rythme ralenti, souligne le Citepa dans son rapport publié mercredi. Cette décélération est particulièrement préoccupante lorsque l'on compare avec les baisses observées en 2022 et 2023, où le rythme était deux à quatre fois plus rapide. Un tel rythme reste insuffisant pour atteindre les objectifs de la feuille de route climatique française.

La nouvelle stratégie climatique de la France (SNBC-3), présentée en décembre et toujours en attente de publication officielle, ambitionne pourtant une baisse des émissions d'environ 4% par an pour la période 2024-2028. Cet objectif intermédiaire est crucial pour parvenir à la neutralité carbone en 2050, un engagement majeur du pays dans la lutte contre le réchauffement climatique.

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Des politiques publiques jugées insuffisantes

Anne Bringault, directrice des Programmes du Réseau action climat (RAC), qui rassemble les principales organisations de défense de l'environnement, critique sévèrement la situation actuelle. Les reculs sur les politiques publiques de transition écologique se paient cash, affirme-t-elle, précisant que les émissions de gaz à effet de serre ont baissé trois fois moins vite que les objectifs climatiques nationaux en 2024 et 2025.

La responsable qualifie de déplorable le bilan des gouvernements successifs depuis 2024 et appelle à une réaction forte des pouvoirs publics. Cette critique intervient alors que la guerre au Moyen-Orient a remis en lumière la question cruciale de la dépendance aux énergies fossiles et l'importance d'accélérer la transition énergétique.

Les chiffres détaillés du Citepa

Pour 2025, le Citepa estime que le total national des émissions, hors puits de carbone, a atteint 364 millions de tonnes équivalent CO2. Cette baisse de 1,5% par rapport à 2024 cache des réalités sectorielles très contrastées :

  • Le secteur des transports, qui représente à lui seul 34% des émissions françaises, n'a enregistré qu'un recul de 1,4% en 2025
  • L'industrie manufacturière est le secteur qui contribue le plus à la baisse avec une diminution de 3,5% de ses émissions
  • Cette amélioration dans l'industrie s'explique par le repli de certaines activités particulièrement émettrices comme la métallurgie et le ciment, ainsi que par la diminution de la consommation de combustibles fossiles

Une tendance internationale préoccupante

Cette décélération des progrès en matière de lutte contre le changement climatique ne concerne pas uniquement la France. Elle s'inscrit dans une tendance plus générale observée parmi plusieurs pays riches qui, après avoir enclenché leur décarbonation, peinent désormais à s'attaquer aux secteurs les plus sensibles ou coûteux.

Les transports et les raffineries représentent des défis particulièrement complexes pour la transition écologique, nécessitant des investissements massifs et des transformations structurelles profondes. La France, comme d'autres nations développées, doit donc redoubler d'efforts pour maintenir une trajectoire compatible avec ses engagements climatiques internationaux et nationaux.

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