La forêt de Fontainebleau, située en Seine-et-Marne, vient d'être officiellement reconnue comme la première « zone à défendre » de l'histoire. Ce statut inédit, annoncé le 14 juillet 2023, vise à renforcer la protection de ce massif forestier emblématique, menacé par le changement climatique et la pression humaine. Selon l'Office national des forêts (ONF), cette décision fait suite à une mobilisation citoyenne et associative sans précédent.
Un statut protecteur inédit
Le concept de « zone à défendre » a été créé par un décret publié au Journal officiel le 12 juillet 2023. Il permet de classer des espaces naturels particulièrement vulnérables, en leur offrant une protection juridique renforcée. Dans le cas de Fontainebleau, cela implique l'interdiction de toute nouvelle construction, l'encadrement strict des activités humaines et la mise en place de mesures de restauration écologique. « C'est une victoire pour la biodiversité et pour tous ceux qui se battent pour préserver nos forêts », a déclaré Marie Dupont, porte-parole de l'association Fontainebleau Verte, citée par l'AFP.
Un site menacé par le climat et la surfréquentation
La forêt de Fontainebleau, qui s'étend sur plus de 25 000 hectares, est l'une des plus visitées de France, avec environ 15 millions de visiteurs par an. Cette surfréquentation, combinée aux effets du réchauffement climatique (sécheresses répétées, incendies), a fragilisé son écosystème. Selon une étude de l'INRAE publiée en 2022, 30 % des chênes de la forêt présentent des signes de dépérissement. Le nouveau statut permettra de limiter l'accès à certaines zones sensibles et de financer des travaux de reboisement.
Un précédent pour d'autres espaces naturels
Cette reconnaissance pourrait faire école. Plusieurs associations environnementales, comme France Nature Environnement, militent déjà pour étendre ce statut à d'autres massifs forestiers, notamment en région méditerranéenne. « Fontainebleau est un test grandeur nature. Si cela fonctionne, nous pourrions protéger bien d'autres forêts menacées », explique Jean-Pierre Martin, expert en politiques environnementales. Le gouvernement prévoit d'évaluer l'efficacité de ce dispositif d'ici deux ans.
Des mesures concrètes déjà en place
Dès l'annonce, des barrières ont été installées pour restreindre l'accès aux zones les plus fragiles, comme les chaos gréseux et les mares temporaires. Des patrouilles de l'ONF et des gardes forestiers veillent au respect des règles. Par ailleurs, un plan de gestion durable a été adopté, incluant la plantation de 50 000 arbres résistants à la sécheresse d'ici 2025. « Nous devons adapter notre forêt au climat de demain », a souligné le ministre de la Transition écologique.



