Foot : les jardiniers des clubs face au défi climatique après un été caniculaire
Foot : les jardiniers des clubs face au défi climatique

Les jardiniers des clubs de football professionnels tirent la sonnette d'alarme après un été caniculaire historique. Selon un article de Libération, la gestion des pelouses est devenue un défi majeur face au réchauffement climatique, avec des températures qui mettent à rude épreuve les terrains de jeu.

Des pelouses fragilisées par des températures records

L'été 2024 a été le plus chaud jamais enregistré en France, avec des températures dépassant les 40 °C dans plusieurs régions. Les jardiniers des clubs, comme ceux de l'Olympique Lyonnais ou du Paris Saint-Germain, constatent que les graminées traditionnelles, comme le ray-grass, ne résistent plus à ces conditions extrêmes. "Le climat, c'est notre plus grand défi", confie un responsable de la pelouse du Groupama Stadium, cité par Libération. Les canicules successives entraînent un jaunissement prématuré, un dessèchement et une perte de densité du gazon, ce qui affecte la qualité du jeu et augmente les risques de blessures pour les joueurs.

Les jardiniers doivent désormais arroser plus fréquemment, mais les restrictions d'eau liées à la sécheresse compliquent la tâche. Selon l'article, certains clubs ont déjà réduit leur consommation d'eau de 30 % grâce à des systèmes de récupération des eaux de pluie et à des capteurs d'humidité. Cependant, ces mesures restent insuffisantes face à l'intensité des vagues de chaleur.

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Des solutions techniques et une adaptation des espèces

Pour faire face, les clubs investissent dans des technologies de pointe. Des systèmes de refroidissement par ventilation souterraine, des toiles d'ombrage mobiles et des lampes UV pour stimuler la croissance sont testés. Le Stade Vélodrome de Marseille, par exemple, a installé un système de drainage et de climatisation du sol, permettant de maintenir la température de la pelouse à 25 °C, même en plein été. "Nous avons investi 200 000 euros dans ce dispositif", précise le responsable de la pelouse du club, dans Libération.

Parallèlement, les jardiniers expérimentent de nouvelles variétés de gazon plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse, comme le bermuda grass ou le zoysia, originaires de régions tropicales. Ces espèces nécessitent moins d'eau et supportent mieux les températures élevées, mais leur coût est plus élevé et leur entretien plus technique. "On est en train de réinventer notre métier", explique un jardinier du Stade Brestois, cité par le journal. "Avant, on avait un calendrier précis. Maintenant, on s'adapte chaque semaine en fonction des prévisions météo."

Un impact économique et sportif significatif

Ces adaptations ont un coût. Selon Libération, les clubs de Ligue 1 dépensent en moyenne 150 000 euros par an pour l'entretien de leurs pelouses, un chiffre qui pourrait augmenter de 20 à 30 % dans les prochaines années en raison des besoins accrus en irrigation et en technologies. Les clubs de Ligue 2, aux budgets plus modestes, peinent à suivre, ce qui creuse les inégalités sportives.

Sur le plan sportif, une pelouse en mauvais état peut favoriser les blessures, comme les entorses ou les déchirures musculaires, et altérer la qualité du jeu. Les entraîneurs et les joueurs se plaignent régulièrement des terrains trop secs ou irréguliers. "Quand la pelouse est trop dure, le ballon rebondit mal et les appuis sont instables", souligne un préparateur physique d'un club de Ligue 1, dans l'article.

Face à cette urgence, les jardiniers appellent à une prise de conscience collective et à des investissements durables. "On ne pourra pas continuer comme ça", avertit un responsable de pelouse du Stade Rennais. "Il faut que les clubs, les ligues et les pouvoirs publics travaillent ensemble pour trouver des solutions pérennes." La prochaine saison, qui débutera en août 2025, s'annonce déjà comme un nouveau test pour ces professionnels de l'ombre, en première ligne face au changement climatique.

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