Depuis le 14 août 2026, l'utilisation des douches de plage est interdite à Cagnes-sur-Mer et Villeneuve-Loubet, ainsi que dans six autres communes des Alpes-Maritimes, en raison d'une sécheresse aggravée. Cette mesure, ordonnée par le préfet, divise les baigneurs : certains regrettent l'inconfort, d'autres appellent à un effort collectif.
Une mesure imposée par la sécheresse
Le bassin-versant du Loup, qui alimente le captage des Tines, est exsangue après une cinquième canicule. Le secteur a été placé en « alerte sécheresse renforcée », le quatrième des cinq stades de crise. Cette situation a conduit le préfet à interdire l'usage des douches de plage dans huit communes, dont Cagnes-sur-Mer et Villeneuve-Loubet.
En mai, au micro d'Ici Azur, Eric Lefèbvre, directeur départemental des territoires et de la mer (DDTM), justifiait cette mesure avec des chiffres : « Il y a près de 400 douches de plage sur le département. On estime que ça représente la consommation annuelle d'à peu près 1 500 foyers. » Selon leur équipement, les douches peuvent avoir un débit allant jusqu'à 15 litres par minute.
Des baigneurs partagés
Sur la plage de l'hippodrome à Villeneuve-Loubet, Patrick, touriste parisien, s'impatiente en testant une douche : « C'est cassé ou quoi ? » Il ignore que l'eau a été coupée. Yvan, Lyonnais de 46 ans, dénonce : « On va être salés et se gratter toute la journée, c'est un scandale. » Bernadette, Colloise de 80 ans, menace : « La prochaine fois, j'irai à Nice. Ils vont faire fuir les touristes avec leurs règles à la con. » Gilles, Parisien de 69 ans, a « l'impression d'être revenu à l'âge de pierre ».
Thierry, Niçois de 47 ans, est tellement « dégoûté » qu'il renonce à se baigner. Sa compagne Mikaëlle, 41 ans, critique le maire de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, qui a contesté la décision préfectorale sans enfreindre l'interdiction : « Il n'a pas voulu payer l'amende [de 1 500 euros] ? Avec tout ce qu'ils nous prennent en stationnement, ils auraient pu se le permettre. »
Des arguments d'hygiène et de santé publique
Gaspard, Cagnois de 38 ans, rappelle les fermetures répétées de plages durant l'été à cause d'orages ou de bactéries : « Quelques jours peuvent s'écouler avant que la pollution soit détectée. Se rincer après une telle baignade, c'est un enjeu de santé publique. »
Julia, Vençoise de 21 ans, estime que l'hygiène est souvent un prétexte : « Personne ne meurt parce qu'il est couvert de sel. Pour moi, ceux qui veulent ces douches sont égoïstement attachés à leur petit confort. » Son amie Emma, 23 ans, ajoute : « Quand il n'a pas plu depuis des mois, que des arbres meurent, que les rivières et nappes phréatiques sont au plus bas, c'est un luxe de se doucher. » Véronique, 76 ans, qui a arrêté l'arrosage automatique de sa pelouse à La Gaude, prévient : « Surtout que les sécheresses vont être de pire en pire. On doit s'adapter. »
Des critiques sur les autres gaspillages
Guy, 82 ans, doute de l'efficacité de ces mesures tant que les fuites de canalisations ne seront pas réparées, évoquant jusqu'à 80 % de pertes au Mas, dans l'Estéron. Pour Guy, 71 ans, « il y a des plus gros gaspilleurs » que les plagistes : « Sur la Côte, certains - souvent les plus riches - remplissent leur piscine, arrosent leur jardin et les golfs, nettoient leurs voitures. »
Alfred, Gaudois de 84 ans, souligne : « Ils s'en fichent de payer une amende. Mais l'argent ne fera pas revenir l'eau. » Parmi les plus gros consommateurs, le milliardaire russe Roman Abramovitch figure dans le top 5 des consommateurs d'Antibes, avec plus de 3 000 m³ par an pour sa propriété du château de la Croë, soit 25 fois plus qu'un foyer moyen (120 m³ par an).
En attendant, certains baigneurs comme Gabriel, 59 ans, se rincent avec une petite bouteille d'un litre, tandis que d'autres expliquent qu'ils se rinceront chez eux.



