Le département d'État américain a annoncé, dimanche 24 août 2026, le retrait de la Syrie de sa liste des pays accusés de soutenir le terrorisme. Cette décision, révélée par Libération, marque un tournant dans la politique étrangère américaine à l'égard de Damas, après plus d'une décennie de sanctions et d'isolement diplomatique.
Une décision diplomatique majeure
Cette mesure intervient dans un contexte de rapprochement progressif entre Washington et le gouvernement syrien. Selon Libération, les autorités américaines justifient ce retrait par les « progrès significatifs » accomplis par la Syrie dans la lutte contre les groupes terroristes sur son territoire, notamment contre l'organisation État islamique (EI) et Al-Qaïda.
Le département d'État a précisé que cette décision fait suite à une évaluation approfondie des engagements pris par Damas en matière de contre-terrorisme. Les États-Unis reconnaissent ainsi les efforts déployés par les autorités syriennes pour empêcher l'utilisation de leur territoire comme base arrière pour des activités terroristes.
Des implications économiques et politiques
Le retrait de cette liste emblématique, créée en 1979, devrait avoir des conséquences importantes pour la Syrie. Il ouvre la voie à une levée progressive des sanctions économiques qui frappent le pays depuis des années, notamment dans les secteurs de l'énergie, de la finance et du commerce. Les entreprises américaines pourraient ainsi être autorisées à investir en Syrie, ce qui représenterait un changement majeur pour l'économie syrienne exsangue.
Cette annonce survient alors que la Syrie tente de reconstruire ses infrastructures, détruites par plus de dix ans de guerre civile. Le pays espère attirer des investissements étrangers pour relancer son économie et améliorer les conditions de vie de sa population. La décision américaine pourrait également faciliter le retour des réfugiés syriens, un enjeu humanitaire de première importance.
Une réaction internationale contrastée
Cette décision américaine suscite des réactions mitigées sur la scène internationale. Certains alliés des États-Unis, notamment en Europe, ont exprimé des réserves, craignant que ce retrait ne soit perçu comme une légitimation du régime de Bachar al-Assad. D'autres pays, comme la Russie et la Chine, ont salué cette décision, y voyant une avancée vers une résolution diplomatique du conflit syrien.
Le gouvernement syrien, de son côté, a qualifié cette décision de « victoire diplomatique » et a appelé à une normalisation complète des relations avec Washington. Des discussions seraient déjà en cours pour la réouverture des ambassades dans les deux pays, selon des sources proches du dossier.
Un processus de normalisation en cours
Ce retrait de la liste s'inscrit dans un processus plus large de normalisation des relations entre la Syrie et la communauté internationale. Plusieurs pays arabes avaient déjà rétabli leurs relations diplomatiques avec Damas ces dernières années, et la Syrie a réintégré la Ligue arabe en 2023. Les États-Unis semblent désormais suivre cette tendance, malgré l'opposition de certains membres du Congrès américain qui continuent de dénoncer les violations des droits de l'homme commises par le régime syrien.
Selon Libération, cette décision pourrait également faciliter les négociations sur le retrait des troupes américaines stationnées dans le nord-est de la Syrie, une demande récurrente de Damas. Les discussions devraient se poursuivre dans les prochains mois pour définir les modalités de ce retrait et la coordination sécuritaire entre les deux pays.
En attendant, cette annonce marque une étape significative dans la réintégration de la Syrie sur la scène internationale, et pourrait avoir des répercussions sur l'équilibre géopolitique de la région. Les prochaines semaines seront décisives pour observer les conséquences concrètes de cette décision sur le terrain et sur les relations entre les États-Unis et leurs alliés.



