L'écume de mer naturelle peut être dangereuse
Écume de mer : naturelle mais parfois dangereuse

L'écume qui s'accumule sur les plages est souvent naturelle, mais elle peut parfois présenter un danger. En 2020, cinq surfeurs sont morts à Scheveningen, aux Pays-Bas, alors qu'une couche d'écume pouvant atteindre deux mètres s'était accumulée près du rivage. Une étude publiée en 2023 estime que les données soutiennent l'hypothèse d'une écume issue d'une prolifération de la microalgue Phaeocystis globosa.

Une écume naturelle aux compositions variées

L'écume se forme lorsque les vagues incorporent de l'air dans une eau riche en matière organique, comme des protéines, des lipides et des glucides provenant notamment du phytoplancton et des algues. Certaines molécules agissent comme des tensioactifs et stabilisent les bulles. Le brassage des vagues fait le reste.

Toutes les écumes n'ont pas la même composition. Son aspect varie avec les organismes présents, la décomposition de la matière organique, le vent et l'état de la mer. Une mousse jaunâtre n'est pas, à elle seule, la preuve d'une pollution.

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Phaeocystis globosa en mer du Nord

En mer du Nord, Phaeocystis globosa offre un cas bien documenté. Cette microalgue coloniale prolifère au printemps et produit une matière mucilagineuse (épaisse, visqueuse et un peu gélatineuse). Lorsque ces proliférations prennent fin, la matière organique libérée peut être battue par les vagues jusqu'à former d'épais amas. Phaeocystis prolifère presque chaque année sur ces côtes, où elle peut rendre l'eau gluante et générer une écume blanc jaunâtre.

Une étude menée sur les côtes néerlandaises entre 2003 et 2007 a permis de mieux comprendre le phénomène. En croisant les proliférations de Phaeocystis avec l'apparition d'écume sur les plages, les chercheurs sont parvenus à reproduire 90 % des épisodes observés. Mais leur modèle prévoyait aussi de l'écume à des moments où elle n'apparaissait pas. La présence de la microalgue ne suffit donc pas : le vent, les vagues et le transport de la mousse vers le rivage jouent également un rôle. Il reste ainsi difficile de prévoir précisément quand et où de grandes quantités d'écume vont s'accumuler.

Des risques pour les humains et les écosystèmes

Dire que l'écume est souvent naturelle ne signifie pas que toute mousse est sans risque. Des détergents et d'autres substances d'origine humaine peuvent aussi favoriser le moussage. Son aspect seul ne permet donc pas d'établir son origine.

L'écume peut concentrer des micro-organismes et des composés présents à la surface de la mer. Plus rarement, son volume constitue un danger physique. Les chercheurs soulignent toutefois que les bancs d'écume aussi massifs sont rares et restent difficiles à prévoir.

Pour les animaux marins, cette écume n'est pas un simple décor. Elle concentre de la matière organique et abrite des communautés de bactéries différentes de celles présentes dans l'eau juste en dessous. Ces amas constituent de véritables hotspots microbiens, même s'ils sont très temporaires. En se dispersant, l'écume peut donc participer aux échanges de matière et de micro-organismes entre la surface de la mer, l'air et le littoral. Ce que deviennent ensuite ces micro-organismes et quelle place ils occupent dans les réseaux alimentaires côtiers restent toutefois encore peu étudiés.

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