Alors que la France vient de connaître son deuxième épisode caniculaire de l'été, la spécialiste des risques liés au changement climatique, Alice C. Hill, prévient : il va falloir s'habituer. Dans les prochaines années, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes – canicules, feux de forêt, ouragans, inondations, glissements de terrain – semble inévitable.
L'adaptation climatique comme enjeu géopolitique
Pour cette experte au Council on Foreign Relations, l'affrontement entre la Chine et les États-Unis pourrait même se jouer sur leur capacité à s'adapter à cette nouvelle donne climatique. Or, dans ce domaine, Pékin dispose selon elle d'une longueur d'avance, facilitée par son régime autoritaire et l'inaction de l'administration Trump.
« La Chine investit massivement dans les infrastructures de défense contre les inondations, les systèmes d'alerte précoce et la gestion de l'eau », explique Alice C. Hill. « Son régime autoritaire lui permet de prendre des décisions rapidement et de les imposer à grande échelle. »
Les États-Unis à la traîne
En revanche, les États-Unis, sous l'administration Trump, ont freiné les politiques climatiques. « Le retrait de l'Accord de Paris et le démantèlement des réglementations environnementales affaiblissent la capacité d'adaptation du pays », déplore-t-elle. « Pourtant, les États-Unis sont confrontés à des ouragans de plus en plus violents et à des incendies de forêt dévastateurs. »
Selon un rapport de la NOAA, les catastrophes naturelles ont coûté près de 500 milliards de dollars aux États-Unis entre 2016 et 2019. Un chiffre qui pourrait grimper si les mesures d'adaptation ne sont pas renforcées.
L'Europe face au défi climatique
L'Europe n'est pas épargnée. La France a connu deux vagues de chaleur cet été, avec des températures dépassant les 42°C dans certaines régions. « Les canicules deviendront plus fréquentes et plus intenses », prévient Alice C. Hill. « Il faut repenser l'urbanisme, les systèmes de santé et l'agriculture. »
L'experte appelle à une prise de conscience collective : « L'adaptation n'est pas une option, c'est une nécessité. Les pays qui s'y préparent le mieux seront ceux qui domineront le monde de demain. »



