Canicule sous-marine en Méditerranée : des eaux à 28 °C au Grau-du-Roi
Canicule sous-marine en Méditerranée : 28 °C au Grau-du-Roi

Les eaux de la Méditerranée atteignent des températures records cet été. Dans le golfe du Lion, la mer affiche 28 °C au Grau-du-Roi, et les épisodes de canicules sous-marines se multiplient, perturbant les conditions de vie sous et au-dessus de la surface. Selon l’observatoire européen Copernicus, juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré dans les océans.

Un réchauffement rapide qui inquiète les scientifiques

Depuis une décennie, la mer Méditerranée enregistre un réchauffement global de +0,3 °C à +0,4 °C. Mais ce sont les canicules marines qui suscitent le plus d’inquiétude. « De l’eau entre 26 °C et 28 °C, c’est élevé », constate Chloé Espinosa, médiatrice scientifique du Seaquarium du Grau-du-Roi. Elle précise : « La canicule sous-marine est une hausse anormale et rapide de l’eau. Elle s’étend sur 2 à 5 jours. »

Cette hausse importante en peu de temps peut nuire aux espèces marines. « Les organismes fixés seront les premières victimes », explique Chloé Espinosa. Contrairement aux poissons, ces organismes ne peuvent pas se déplacer pour rechercher des eaux plus fraîches, risquant alors de mourir.

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Un brassage des espèces trop rapide

La chaleur modifie également la répartition des êtres vivants. « On verra aussi des espèces partir, et d’autres arriver. On observe l’arrivée de la rascasse volante, une espèce indigène qui arrive de la mer Rouge dans l’est de la Méditerranée. Le roulement des espèces est naturel, mais aujourd’hui il est trop rapide ! », alerte Chloé Espinosa. Si les températures augmentent progressivement, les espèces peuvent, dans une certaine mesure, s’adapter. « Là, c’est un brassage qui s’observe à l’échelle humaine, pas sur le long terme. C’est ce qui nous inquiète aujourd’hui. »

Dans le golfe du Lion, certains phénomènes naturels peuvent toutefois contribuer à limiter ponctuellement la hausse des températures de surface. Les upwelling (courants marins) font remonter des eaux plus froides et riches en nutriments vers la surface, participant ainsi au renouvellement des conditions favorables à la vie marine.

La mer, un réservoir de chaleur pour l’atmosphère

Après quatre canicules enregistrées cet été 2026, la Méditerranée a emmagasiné de l’air chaud. « Au quotidien, cela a un impact sur les températures minimales des littoraux. À Aigues-Mortes, du 1er juin à aujourd’hui, on a enregistré 62 nuits au-dessus de 20 °C, contre 53 à Nîmes », ajoute Eric Pioch, directeur adjoint du service prévisions du pôle Sud-Est de Météo-France.

Une mer chaude ne suffit pas, à elle seule, à provoquer un épisode méditerranéen. En augmentant l’évaporation et donc la quantité de vapeur d’eau disponible dans l’atmosphère, elle peut toutefois constituer l’un des ingrédients favorisant des précipitations intenses. « La température relâchée par la mer est l’un des ingrédients mais pas le principal », insiste Eric Pioch. L’élément déterminant reste la rencontre d’une masse d’air froid avec une masse d’air chaud.

Pour l’heure, alors qu’une baisse progressive des températures est attendue pour la fin du mois d’août, Météo-France n’identifie pas de phénomène méditerranéen particulier à venir. « Je pense que cette année est exceptionnellement chaude, mais il est encore tôt pour certifier des conséquences météorologiques précises pour cet automne », estime Eric Pioch.

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