Canicule à Paris : 70°C sur un toboggan, 24°C sous les arbres
Canicule à Paris : 70°C sur un toboggan, 24°C sous les arbres

Le 11 juillet 2026, alors que Paris suffoquait sous une canicule, une expérience menée par Libération avec une caméra thermique a mis en lumière des disparités de température saisissantes dans la capitale. Sur une aire de jeux du 13e arrondissement, un toboggan métallique exposé au soleil atteignait 70°C, tandis qu’à quelques mètres, sous le couvert d’arbres centenaires, le mercure plafonnait à 24°C. Un écart de 46°C qui illustre l’effet d’îlot de chaleur urbain.

Des surfaces qui emmagasinent la chaleur

L’expérience a été réalisée en début d’après-midi, au pic de l’épisode caniculaire. Les mesures ont été prises sur différents revêtements : goudron, pelouse, sable, métal et végétation. Le goudron d’une piste cyclable affichait 55°C, le sable d’un bac à 58°C, tandis que la pelouse arrosée restait à 32°C. « Le métal et le bitume agissent comme des accumulateurs de chaleur, explique un chercheur du CNRS interrogé. Ils absorbent le rayonnement solaire et le restituent la nuit, empêchant le refroidissement. »

Les arbres, rempart naturel contre la chaleur

À l’inverse, les zones arborées offrent un refuge. Sous un platane du square René-Le Gall, la température ressentie chutait à 24°C. « Un arbre mature peut transpirer jusqu’à 400 litres d’eau par jour, créant un microclimat », détaille un urbaniste de la Ville de Paris. Cette capacité de rafraîchissement est cruciale dans une ville où les épisodes caniculaires deviennent plus fréquents et intenses. Selon Météo-France, la température moyenne à Paris a augmenté de 2°C depuis 1950.

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Des solutions pour lutter contre les îlots de chaleur

Face à ce constat, la municipalité parisienne a accéléré son plan de végétalisation. « Nous visons 40% de surface végétalisée d’ici 2030, contre 25% aujourd’hui », indique l’adjoint à l’environnement. Des initiatives comme les « cours Oasis » dans les écoles ou les rues végétalisées se multiplient. L’expérience thermique montre l’urgence : les aires de jeux en métal et les revêtements sombres sont à proscrire en période de canicule. Les parents interrogés sur place confient leur inquiétude : « On ne laisse plus les enfants jouer sur le toboggan l’après-midi, c’est dangereux. »

Un enjeu de santé publique

Au-delà du confort, ces écarts de température ont un impact sanitaire. Les îlots de chaleur urbains augmentent le risque de coups de chaleur, notamment chez les personnes âgées et les enfants. Lors de la canicule de 2003, 15 000 décès excédentaires avaient été recensés en France. En 2026, les autorités rappellent les gestes de prévention : hydratation, fermeture des volets le jour, et recherche d’espaces frais. L’expérience de Libération souligne l’importance de l’aménagement urbain pour atténuer ces phénomènes.

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