Canicule à Nîmes : la vie nocturne, nouvelle stratégie des habitants
Canicule à Nîmes : la vie nocturne, stratégie des habitants

Face à la canicule record qui frappe Nîmes en ce mois d'août, les habitants sortent désormais la nuit pour échapper aux fortes chaleurs. Ce lundi 12 août, au cœur de la ville, familles, sportifs et propriétaires de chiens ont investi les espaces publics après 22 heures, transformant la nuit en nouveau temps de vie sociale. Cette adaptation nocturne, bien que nécessaire, révèle les difficultés du quotidien sous des températures extrêmes.

Des familles en quête de fraîcheur nocturne

Devant la gare de Nîmes, un peu avant 22 heures, Andreanik, 6 ans, habitant du Mas-de-Mingue, joue au football avec son père. Venu au centre-ville pour « prendre un peu l'air, respirer loin du quartier, en famille. Se défouler, décharger toute l'énergie accumulée après une journée passée à l'intérieur », explique son père, accompagné de la petite Anna, 2 ans. Déçus que « la rivière » (la fontaine des allées Feuchères, en forme de cours d'eau) ne soit pas en état de marche, la famille se rabat sur les jeux de ballon et un verre en terrasse, à l'Olivier, où grenadines et sirops de citron s'affichent sur les tables autour de 22 heures.

Malgré les presque 30 degrés au thermomètre, de nombreuses familles avec de jeunes enfants déambulent dans la ville. À 23 heures passées, l'aire de jeux de l'Esplanade, accolée au manège, est bondée, avec une affluence digne d'un mercredi après-midi en période scolaire. « Plus spacieuse, l'aire sur les allées (Feuchères) ferme malheureusement à 22 heures. Alors on se rabat ici… », soupire une mère de famille, venue sortir les petits après une journée passée devant les ventilateurs.

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Des journées confinées, des sorties nocturnes

Saïda, commerçante, se balade à vélo avec Waël, 10 ans, et Noor, 5 ans, devant le collège Feuchères à 23 heures. « En journée ils sont à la maison sans clim avec la nounou. Et, bien sûr, impossible de faire un pas dehors ! », détaille la maman, inquiète à l'idée que ces conditions de vie éprouvantes se poursuivent en septembre et octobre. « Dans leur école, seule la salle d'étude est équipée d'un climatiseur. Bien que je finisse tôt le travail, si les températures ne baissent pas, c'est sûr, je les y laisserai jusqu'à 18 h », se projette-t-elle.

Les balades à vélo se font désormais de nuit pour Waël et sa petite sœur. Cette organisation nocturne devient une nécessité pour de nombreuses familles, qui adaptent leurs horaires pour préserver leurs enfants des températures extrêmes.

Le sport et les balades sous les étoiles

Dans les Jardins de la Fontaine, annoncés comme fermant à 22 heures, mais encore ouverts vers 23h30, des points lumineux de montres connectées se distinguent dans la nuit. Des sportifs invétérés y pratiquent leur activité : un homme réalise des fentes, une dame fait du saut à la corde, et de nombreux coureurs, équipés de lampes frontales, refusent de « lâcher leur chrono » pour parler à la presse. Ce nouveau rythme de vie nocturne s'impose à tous.

Uraeus, une jeune chienne porcelaine, promène avec sa maîtresse Virginie, qui porte un dossard lumineux. « Vue l'heure tardive, je n'ai sur moi ni argent, ni bijoux, ni téléphone ! », fait savoir Virginie, propriétaire de trois chats, pour lesquels elle a laissé la clim. « Avant on allait aux bois des Espeisses, mais avec ces températures, impossible. Tout comme les retrouvailles, chaque soir, à la fraîche, avec d'autres propriétaires de chien, pour des balades conviviales », regrette-t-elle.

Un impact social et sanitaire majeur

« Sans compter ses ravages sur la santé humaine et animale, le changement climatique a un impact considérable sur la vie sociale », observe Virginie. Comme les autres adultes rencontrés, elle considère que vivre la nuit, coupée du monde, plutôt que le jour, irait un temps. « D'ici la rentrée, il est urgent que les températures redescendent. Pour que Nîmes et les Nîmois retrouvent leur rythme. Leur vie “normale” », espère-t-elle. En attendant, la ville s'adapte, et la nuit devient le nouveau refuge des habitants face à une canicule qui n'en finit pas.

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