Monter le col du Tourmalet par 40 °C ? C'est un risque qui pourrait un jour planer sur les coureurs du Tour de France avec la multiplication des vagues de chaleur sur le territoire, année après année, rapporte France 3 Bretagne. Le collectif Expertises Climat, qui réunit 300 chercheurs français, a tiré la sonnette d'alarme le 17 juin : la Grande Boucle pourrait un jour subir de plein fouet les effets du changement climatique.
Une urgence scientifique
Pour les scientifiques qui ont étudié les conditions climatiques des cinquante derniers Tours de France, il est urgent d'envisager des solutions. « C'est juste une question de temps », préviennent-ils. Selon les chercheurs, on connaît déjà les conséquences des fortes chaleurs sur les coureurs : crampes, épuisements, urgences médicales prioritaires… Un risque également encouru par les spectateurs et le personnel.
Un protocole d'urgence insuffisant
En 2015, l'Union cycliste internationale (UCI) a imaginé un protocole d'urgence pour adapter les épreuves en cas de conditions climatiques extrêmes. Selon les scientifiques, il sera de plus en plus nécessaire de l'utiliser. Outre la chaleur, la pollution à l'ozone ou aux particules en lien avec les incendies estivaux constitue aussi un risque. « Il y a des jours qui vont devenir impraticables pour les athlètes », estime Guillaume Chevance, membre du collectif.
Décaler le Tour au printemps ?
Face au risque de stress thermique, les chercheurs préconisent même de décaler le Tour de France au printemps, indique Le Parisien. Cette solution permettrait d'éviter les pics de chaleur estivaux, mais elle bouleverserait le calendrier sportif et les traditions.
Des étapes ombragées en 2026
Si le Tour de France, qui se tiendra cette année du 4 juillet au 9 août, a jusqu'ici été chanceux, évitant les canicules chaque année, d'autres événements sportifs ont récemment été touchés. À Roland-Garros, plusieurs joueurs ainsi que des ramasseurs de balles ont fait des malaises à cause de la chaleur.
De son côté, le directeur de la Grande Boucle, Christian Prudhomme, n'est pas inquiet. Il a expliqué au Dauphiné Libéré que le parcours 2026 avait été pensé pour limiter la chaleur, avec des étapes boisées comme la nouvelle montée du Haag. « Mais évidemment, on ne supprimera jamais du Tour de France des lieux comme le Galibier ou le Tourmalet », a-t-il conclu.



