Colère des aides à domicile dans l'Hérault : salaires bloqués et précarité
Colère des aides à domicile dans l'Hérault

Ce mardi 23 juin, une soixantaine de professionnels du lien et du soin à domicile ont manifesté devant l'Hôtel du Département à Montpellier. Entre salaires bloqués, explosion des frais de carburant et manque de reconnaissance, ces travailleurs dénoncent une précarité devenue invivable.

Des revendications salariales pressantes

Sur le pavé montpelliérain, la colère est palpable. Les récentes évolutions conventionnelles sont jugées dérisoires : pour les salariés à temps plein, elles n'ont parfois rapporté "même pas 40 euros de plus par mois". Pire encore, l'inflation et le manque de reconnaissance font fuir le personnel, d'autant que les salaires des débutants se retrouvent désormais en dessous du SMIC. Le manque de sectorisation des tournées engendre des kilomètres à rallonge qui ne sont pas assez rémunérés : les indemnités kilométriques stagnent à 38 centimes du kilomètre.

Le système de "badgeage" dénoncé

Dans la foule, les voix de la déléguée syndicale CGT et des représentantes du secteur privé et associatif se relaient au mégaphone pour dénoncer le système du "badgeage". Ce dispositif informatique, censé comptabiliser les heures, fait en réalité porter la responsabilité légale du temps de travail et des dépassements d'horaires (comme l'interdiction de travailler plus de 6 heures d'affilée) directement sur les épaules des salariées au domicile des bénéficiaires. Une dérive managériale qui prive les intervenantes de tout recours contre leur employeur en cas d'infraction au Code du travail. Les personnels administratifs partagent également ce sentiment de mépris, payés eux aussi au SMIC sans perspective d'augmentation.

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Le Conseil départemental pointé du doigt

Au cœur des revendications : l'augmentation des subventions du Conseil départemental de l'Hérault. Si une hausse tarifaire a bien été répercutée sur les bénéficiaires, l'enveloppe globale allouée par le Département aux structures stagne. "Il faut qu'on arrête de nous prendre pour des idiots, nous ne voulons plus de promesses mais des actes", lancent les manifestantes. Patricia Weber, vice-présidente déléguée aux solidarités et à l'autonomie, rappelle que le Département fait "le choix de se battre pour la revalorisation des indemnités kilométriques et l'accompagnement des salariés", tout en pointant du doigt l'absence d'aide de l'État : "Qu'en est-il de l'accompagnement budgétaire du gouvernement ?" Prônant "solidarité, transparence et dialogue", l'élue annonce qu'une rencontre avec les représentantes est d'ores et déjà prévue fin septembre.

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