Alors que les vagues de chaleur se multiplient, une ressource essentielle reste largement sous-exploitée : le sous-sol. Pourtant, celui-ci pourrait jouer un rôle majeur dans l'adaptation des villes au réchauffement climatique, comme le souligne une tribune publiée dans Le Monde le 22 juin 2026.
Un potentiel thermique ignoré
Le sous-sol offre une inertie thermique naturelle : à quelques mètres de profondeur, la température est constante, autour de 12 à 15 °C en France. Cette propriété permet de rafraîchir les bâtiments en été via des pompes à chaleur géothermiques, réduisant la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, selon les auteurs de la tribune, la géothermie de surface ne représente que 2 % de la production de chaleur renouvelable en France, loin derrière la biomasse.
Un manque de données et de coordination
La connaissance du sous-sol urbain demeure parcellaire. « Le sous-sol demeure le parent pauvre de la connaissance urbaine », écrivent-ils. Peu de villes disposent d'un cadastre souterrain complet, recensant les réseaux, les cavités, les nappes phréatiques ou les potentiels géothermiques. Cette méconnaissance freine les projets d'aménagement et expose à des risques (affaissements, pollution).
Des initiatives locales prometteuses
Certaines collectivités commencent à agir. La ville de Paris a lancé un plan de valorisation de son sous-sol, incluant le réemploi des carrières pour du stockage d'eau ou de la géothermie. À Lyon, un réseau de chaleur géothermique alimente déjà 10 000 logements. Mais ces exemples restent isolés. Les auteurs appellent à une meilleure intégration du sous-sol dans les documents d'urbanisme, comme les plans locaux d'urbanisme (PLU).
Un enjeu de résilience face aux canicules
Avec des canicules de plus en plus fréquentes et intenses, le sous-sol pourrait devenir un allié précieux. En rafraîchissant l'air ambiant et en stockant l'eau de pluie, il contribue à lutter contre les îlots de chaleur urbains. « Ignorer le sous-sol, c'est se priver d'une solution efficace et peu coûteuse pour adapter nos villes », concluent les signataires. Ils recommandent de créer un observatoire national du sous-sol urbain et de former les urbanistes à cette dimension méconnue.



