Alors que la France traverse une nouvelle vague de chaleur intense, les critiques fusent contre le gouvernement, accusé d'inaction et de reculs sur les politiques climatiques. Selon un rapport du Réseau Action Climat publié cette semaine, les émissions de gaz à effet de serre de la France n'ont baissé que de 1,2% en 2024, loin de l'objectif de -4,7% par an pour respecter l'Accord de Paris.
Des mesures insuffisantes face à l'urgence
Le collectif « Canicule, urgence climatique » a dénoncé mercredi dans une tribune publiée par Libération le manque d'ambition du gouvernement. « Combien de canicules faudra-t-il encore pour que le gouvernement agisse ? », interroge le texte, signé par une trentaine d'organisations environnementales. Ils pointent notamment la suppression de la taxe carbone sur les carburants, l'abandon de la rénovation thermique des logements sociaux et le retard dans le déploiement des énergies renouvelables.
La semaine dernière, Météo-France a placé 45 départements en vigilance orange canicule, avec des températures dépassant les 40°C dans le Sud-Ouest. Un record de chaleur nocturne a été enregistré à Toulouse avec 28,5°C, ne permettant aucun répit.
Un impact sanitaire et économique majeur
Selon Santé Publique France, les épisodes de canicule ont causé 10 000 décès supplémentaires depuis 2015. L'économiste Jean-Pierre Clément, cité par le rapport, estime que le coût des vagues de chaleur pour l'économie française s'élève à 15 milliards d'euros par an, en raison de la baisse de productivité et des dommages agricoles.
Le Réseau Action Climat souligne que la France a déjà connu trois canicules en 2025, un record. « Nous sommes en train de vivre une nouvelle normalité climatique, mais le gouvernement continue de privilégier le court terme », déplore Anne-Marie Ducrot, porte-parole de l'association.
Un appel à des mesures urgentes
Les signataires de la tribune demandent au gouvernement de présenter un plan d'urgence comprenant la généralisation des logements passifs, la réduction de la place de la voiture thermique, et la protection des travailleurs exposés à la chaleur. Ils réclament également une loi climat avec des objectifs contraignants.
Interrogé lors de son déplacement à Marseille, le ministre de la Transition écologique a répondu que « le gouvernement agit sur tous les fronts », citant le plan de rénovation énergétique et le développement des énergies renouvelables. Mais pour les ONG, ces mesures restent insuffisantes face à l'urgence.



