Canicule en Gironde : peu de mesures malgré la vigilance orange
Canicule en Gironde : mesures insuffisantes face à la chaleur

Les conditions météorologiques se durcissent : la Gironde passe ce mercredi 27 mai à la vigilance orange canicule. Malgré ce contexte, peu de mesures exceptionnelles ont été déclenchées dans une agglomération bordelaise qui suffoque.

Des programmes de végétalisation insuffisants face à l'urgence

Sur le long terme, les programmes de végétalisation de l’espace public menés ces dernières années visaient à anticiper les vagues de chaleur estivales promises par le dérèglement climatique. En revanche, face à cette vague hors norme pour une fin mai, des mesures significatives n’ont pas été immédiatement déclenchées en zone urbaine. Dans l’agglomération bordelaise, des habitations ont pris des allures de fournaises. Pourtant, les moyens d’action sont connus et éprouvés : prolongement des ouvertures des parcs publics, mise au repos d’agents municipaux, horaires élargis des piscines, allumage de brumisateurs tous azimuts, notamment.

Un code couleur strict suivi par les communes

Dès le début de cette vague de chaleur, les communes s’en sont tenues au code couleur officiel. En l’occurrence, celle de la vigilance jaune (la Gironde est placée en vigilance orange à partir de ce mercredi 27 mai). Quand bien même les températures ont frôlé les 37 degrés à Bordeaux, les mesures de la mairie sont restées limitées à du « préventif » : recensement des personnes vulnérables, ventilateurs dans les écoles… La mairie de Pessac a conseillé aux habitants d’être prudents et a recommandé des lieux à fréquenter : cinéma, Maison des seniors, piscine et aires de rafraîchissement. À Talence, les horaires de la piscine seront étendus début juin. Malgré la situation actuelle, ce changement n’a pas été avancé.

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Services réactifs mais mesures limitées

Du côté de Bègles, Isabelle Berrié, adjointe au maire, déléguée aux solidarités et à la santé, indique que « le plan canicule est mis en place le 1er juin et que tous les services sont déjà réactifs ». « Les températures de la vigilance jaune n’atteignent pas des niveaux difficiles. C’est la préfecture qui décide du déclenchement des mesures plus importantes. » L’élue précise cependant que dès les premiers jours de chaleur, les agents municipaux ont bénéficié de mesures de prévention (pauses, gourdes…).

Sur la rive droite, Alain Garnier, maire écologiste d’Artigues-près-Bordeaux, estime : « En ce mois de mai, les collectivités ne sont pas prêtes, cet épisode de chaleur est une leçon. » Ce qui justifie d’autant plus, selon lui, les efforts de rénovation thermique des bâtiments municipaux (salle des fêtes, restauration scolaire, médiathèque…) que les élus doivent impérativement mener. Une nécessité en prévision… des imprévus météorologiques.

Utiliser la fraîcheur du fleuve ?

En période de canicule, les berges verdoyantes de la Garonne pourraient soulager les habitants, ceux coincés entre béton et bitume en milieu urbain qui n’ont pas la possibilité de profiter de l’air de la campagne à proximité de leur logement. Exemple : dans le quartier de Bacalan, à Bordeaux, un carrelet sera construit dès l’automne 2026 ; il pourra accueillir des écoliers qui suivront des cours au frais.

« Le problème est que les berges de la Garonne ne sont pas très stabilisées, toutes les possibilités sont à étudier », indique François Le Gac, directeur de la mission fleuve de Bordeaux Métropole. « La Ville de Bassens veut créer une promenade le long du fleuve. L’île d’Arcins, acquise par la Métropole, peut être envisagée comme un sanctuaire de fraîcheur. Il faut multiplier les initiatives en trouvant le juste équilibre entre l’utilisation de l’espace et la présence humaine. Il y a des possibilités à Blanquefort, Parempuyre ou Saint-Louis-de-Montferrand… »

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