Canicule : Dominique Bussereau critique le manque de préparation de l'État
Canicule : Bussereau fustige l'impréparation de l'État

Alors que la France subit sa troisième canicule de l'année, Dominique Bussereau, ancien ministre de l'Agriculture et des Transports, aujourd'hui président du groupe de réflexion Équilibre des énergies, dresse un constat sévère dans un entretien à L'Express. Selon lui, l'État n'est pas préparé à faire face à ces épisodes de chaleur extrême, qui devraient se multiplier avec le changement climatique.

Un manque de préparation critiqué

Bussereau estime que les pouvoirs publics n'ont pas tiré les leçons des précédentes canicules, notamment celle de 2003 qui avait fait près de 15 000 morts. "On a l'impression que chaque canicule nous prend par surprise", déplore-t-il. Il pointe du doigt l'absence de planification à long terme, que ce soit pour les infrastructures, la santé ou l'agriculture.

Le débat sur la climatisation

L'ancien ministre revient également sur la controverse autour de la climatisation, souvent accusée de contribuer au réchauffement climatique. Pour Bussereau, il s'agit d'un débat "caricatural". Il rappelle que dans certains cas, comme dans les hôpitaux ou les maisons de retraite, la climatisation est indispensable. "Il faut arrêter de diaboliser la clim, mais il faut l'utiliser avec parcimonie et l'alimenter avec de l'électricité décarbonée", explique-t-il.

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Les chantiers d'adaptation prioritaires

Bussereau identifie plusieurs chantiers urgents pour adapter le pays aux fortes chaleurs. Parmi eux, la rénovation des infrastructures ferroviaires, qui souffrent de la chaleur : les rails se dilatent et les trains doivent ralentir. Il appelle à investir dans des systèmes de refroidissement et à végétaliser les abords des voies.

La gestion de l'eau pour l'agriculture est un autre défi majeur. "Il faut stocker l'eau l'hiver pour irriguer l'été, et développer des cultures plus résistantes à la sécheresse", préconise-t-il. Selon lui, des solutions existent, comme les retenues d'eau ou le goutte-à-goutte, mais leur déploiement est trop lent.

La recette de Bussereau : technologie, électricité décarbonée et bon sens

Pour mieux affronter les canicules à venir, Dominique Bussereau propose une approche pragmatique. "Un zeste de technologie, de l'électricité décarbonée et surtout, du bon sens", résume-t-il. Il encourage le développement de matériaux de construction réfléchissants, de toitures végétalisées et de systèmes de rafraîchissement passifs. Il insiste également sur la nécessité de planter des arbres en ville pour créer des îlots de fraîcheur.

L'ancien ministre conclut en appelant à une prise de conscience collective : "On ne peut pas continuer à faire comme si de rien n'était. Le climat change, et nous devons changer avec lui." Un message qui résonne alors que la France suffoque sous une nouvelle vague de chaleur.

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