La France traverse une vague de chaleur sans précédent pour un mois de mai, avec des températures maximales prévues cette semaine de 33 °C à 36 °C. Une semaine bouillante en classe, car en grande majorité, les établissements scolaires ne sont pas adaptés aux températures extrêmes. Si des collectivités, dont c'est la compétence, ont engagé de coûteux travaux ces dernières années, on est encore très loin du compte. « Ça ne va pas assez vite », regrettait ce mardi le secrétaire général du SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d'établissements. Le point en cinq chiffres.
1. Des écoles fermées en urgence
Jusqu'à 38 °C à Lille et Lyon, 39 °C à Paris, 41 °C à Nîmes et Bordeaux… Le 1ᵉʳ juillet 2025, 1 896 écoles publiques ferment leurs portes, « totalement ou partiellement », dans 80 départements, annonce le ministère de l'Éducation. Une mesure d'urgence, en raison d'un épisode de chaleur extrême qui a mis en évidence le manque de préparation des bâtiments scolaires.
2. Un parc scolaire vieillissant et mal isolé
Sur les quelque 60 000 écoles en France, une majorité date d'avant les années 2000, avec une isolation thermique souvent insuffisante. Selon une étude récente, près de 70 % des établissements n'ont pas de système de climatisation, et la végétalisation des cours est encore rare. Les toits plats et les grandes surfaces vitrées aggravent l'effet de serre intérieur.
3. Des conséquences sur la santé des élèves
Lors des canicules, les services d'urgence constatent une hausse des malaises chez les enfants. En 2025, lors de la fermeture massive, 350 cas de déshydratation et coups de chaleur ont été recensés dans les écoles encore ouvertes. Les enseignants rapportent des difficultés de concentration, des maux de tête et une baisse de l'attention dès que la température dépasse 30 °C.
4. Des travaux trop lents et coûteux
Les collectivités locales estiment le coût total de la rénovation thermique des écoles à plus de 30 milliards d'euros. Or, seules 15 % des communes ont engagé des travaux significatifs depuis 2020. Les solutions comme l'isolation des combles, l'installation de stores extérieurs ou la création d'îlots de fraîcheur dans les cours sont encore marginales.
5. Un appel à une loi d'urgence
Face à l'urgence, plusieurs syndicats d'enseignants et associations de parents d'élèves réclament un plan national d'adaptation des écoles au changement climatique. Ils proposent un calendrier accéléré de rénovation, avec des objectifs chiffrés : 100 % des écoles équipées de protections solaires d'ici 2027, et 50 % des cours végétalisées d'ici 2028. Le ministère promet une concertation, mais aucun calendrier précis n'a été annoncé.
En attendant, les élèves et le personnel scolaire subissent de plein fouet les vagues de chaleur, qui risquent de se multiplier dans les années à venir. La question de l'adaptation des écoles devient un enjeu sanitaire, éducatif et social majeur.



