Urgences saturées : un déjà-vu frappant
En mars 2020, le Covid-19 submergeait les hôpitaux français. Face à l'explosion des cas, le ministère de la Santé construisait un hôpital de campagne militaire, réquisitionnait les cliniques privées et mobilisait la réserve sanitaire. Au total, 218 000 patients avaient été hospitalisés pour le Covid-19 cette année-là, selon l'Agence technique de l'information sur l'hospitalisation.
En juin 2026, c'est la canicule qui provoque une surchauffe similaire. Le gouvernement a activé le niveau 3 du plan Orsan le 25 juin, le niveau maximal de mobilisation sanitaire. À Rennes, où le thermomètre a dépassé les 40 °C, le plan blanc a été déclenché. Le Samu 35 a reçu 2 908 appels le seul 25 juin : « un record absolu, plus d'appels que pendant le Covid », s'alarmait Matthieu Revest, directeur médical de crise.
Pic de mortalité : des chiffres en hausse
Le Covid-19 a provoqué 167 664 décès en France entre le 18 mars 2020 et le 30 juin 2023, selon Santé publique France. Au plus fort, près de 1 500 décès quotidiens étaient enregistrés à la mi-avril 2020.
La canicule de juin 2026 promet d'être meurtrière. Santé publique France a annoncé une hausse de 29,1 % des décès entre le 22 et le 28 juin, soit 2 025 décès supplémentaires par rapport à la semaine précédente. L'organisme prévoit une révision à la hausse de ces données.
Pompes funèbres débordées
En mars 2020, les employés des pompes funèbres étaient submergés. « Trop c'est trop. On court du matin au soir, on travaille à un rythme effréné », confiait le gérant d'une entreprise dans le Haut-Rhin le 3 avril 2020.
En juin 2026, les deux funérariums intra-muros de Paris affichaient un taux d'occupation de 100 %, obligeant à déplacer les corps vers la grande couronne. Des villes comme Nantes ou Valenciennes ont connu le même pic d'activité. Les professionnels comparent cette situation à la canicule de 2003 plutôt qu'à la pandémie.
Impréparation gouvernementale
En mars 2020, le scandale des masques éclatait : l'État réquisitionnait tous les stocks le 4 mars, alors que le successeur d'Agnès Buzyn, Olivier Véran, reconnaissait qu'il ne restait que 110 millions de masques en stock, contre un milliard dix ans plus tôt.
En juin 2026, c'est le scandale des climatiseurs. Sophie Binet (CGT) a dénoncé « une absence complète d'anticipation par l'État », tandis que Sandrine Rousseau a annoncé le dépôt d'une motion de censure. Sébastien Lecornu a défendu l'exécutif : « L'ensemble de la chaîne a tenu », se félicitant que le système énergétique ait résisté malgré un bond de 25 % de la consommation liée à la climatisation. Il a promis la livraison de 30 000 climatiseurs et la création d'un plan « Orsec chaleur extrême ».
Impact sur le travail et l'école
En mars 2020, le confinement a entraîné l'école à distance, le télétravail massif et l'annulation des épreuves du bac et du brevet au profit du contrôle continu.
En juin 2026, des épreuves du bac ont été réorganisées à la hâte, de nombreuses écoles ont fermé en raison des températures extrêmes. Les parents ont dû s'organiser, beaucoup accompagnant leurs enfants au bureau pour bénéficier de la climatisation. Le ministre du Travail a évoqué une « réflexion » sur les horaires durant les canicules, à l'instar de l'Espagne.
Le parallèle entre les deux crises s'étend aux difficultés accrues pour les personnes précaires, la situation en détention et l'apparition de théories du complot.



