L'Autorité du canal de Panama a annoncé une réduction du trafic maritime dans le canal en raison d'une baisse des précipitations causée par le phénomène El Niño. À compter de septembre 2026, le nombre de navires autorisés à transiter quotidiennement passera de 36 à 32, soit une diminution d'environ 11 %. Cette mesure, la première de ce type depuis 2023, vise à préserver les réserves en eau douce nécessaires au fonctionnement des écluses.
Un déficit pluviométrique historique
Selon l'Autorité du canal de Panama, les précipitations dans le bassin versant du canal ont été inférieures de 30 % à la moyenne historique entre janvier et juillet 2026. Le phénomène El Niño, qui perturbe les régimes de pluie dans la région, est directement pointé du doigt. Le niveau du lac Gatún, principal réservoir alimentant le canal, est tombé à 24,5 mètres, soit 1,5 mètre en dessous de la normale saisonnière.
« Nous n'avons pas connu une telle sécheresse depuis 2019, mais l'impact d'El Niño cette année est particulièrement sévère », a déclaré Ricaurte Vásquez, administrateur de l'Autorité du canal de Panama. « Chaque écluse utilise 200 millions de litres d'eau par transit, et nous devons garantir la navigabilité tout en assurant l'approvisionnement en eau potable de la ville de Panama. »
Des restrictions ciblées sur les plus gros navires
La réduction du trafic concerne principalement les navires de la catégorie Neopanamax, les plus grands capables d'emprunter le canal. Leur nombre passera de 10 à 8 par jour. Les navires Panamax, plus petits, verront leur quota maintenu à 24 par jour. Cette décision a été prise après une analyse des prévisions météorologiques, qui indiquent une probabilité de 70 % qu'El Niño se poursuive jusqu'en décembre 2026.
L'Autorité a également imposé un tirant d'eau maximal de 13,5 mètres pour les navires empruntant le canal, contre 14,5 mètres habituellement. Cette mesure oblige les armateurs à réduire la cargaison de leurs navires, ce qui pourrait augmenter les coûts de transport maritime. « Les compagnies maritimes devront soit alléger leurs cargaisons, soit choisir des routes alternatives, ce qui allongera les délais de livraison », a précisé Ricaurte Vásquez.
Des conséquences économiques mondiales
Le canal de Panama, par lequel transitent environ 6 % du commerce maritime mondial, est une artère essentielle pour les échanges entre l'Asie et la côte est des États-Unis. Selon les estimations de l'Autorité, une réduction de 4 navires par jour représente une perte de capacité de transport d'environ 1,2 million de tonnes de marchandises par mois. Les secteurs les plus touchés seront le transport de gaz naturel liquéfié, de céréales et de conteneurs.
En 2023, une sécheresse similaire avait déjà contraint l'Autorité à réduire le trafic à 24 navires par jour, avant un retour progressif à la normale en 2024. Cette nouvelle restriction intervient alors que le canal est en pleine modernisation, avec un projet d'usine de dessalement et de réservoirs supplémentaires pour sécuriser l'approvisionnement en eau. Le coût de ces infrastructures est estimé à 2 milliards de dollars.
L'Autorité du canal de Panama prévoit de réévaluer la situation en novembre 2026, en fonction des précipitations à venir. Si le niveau des lacs continue de baisser, des restrictions supplémentaires pourraient être imposées, affectant davantage le commerce international.



