La France a enregistré une baisse plus importante que prévu de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2024 et 2025, selon un rapport du ministère de la Transition écologique publié ce lundi. Cette diminution, qui dépasse les objectifs fixés par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), est portée par plusieurs secteurs clés.
Des résultats encourageants
En 2024, les émissions ont chuté de 6,3 % par rapport à l'année précédente, contre une prévision initiale de 4,8 %. Pour 2025, la baisse atteindrait 5,1 %, là où 3,9 % étaient attendus. Au total, sur les deux années, la réduction cumulée est de près de 11 %, soit un gain de 2,7 points par rapport aux projections.
Le secteur de l'énergie est le principal contributeur à cette amélioration, avec une diminution de 12 % de ses émissions grâce à la montée en puissance des énergies renouvelables et à la réduction de la production d'électricité à partir de combustibles fossiles. L'industrie a également réduit ses émissions de 7 %, tandis que les transports ont enregistré une baisse de 4 %, portée par l'essor des véhicules électriques et le télétravail.
Des défis persistants
Malgré ces progrès, le rapport souligne que les efforts doivent être maintenus pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Le secteur agricole reste en retard, avec une baisse limitée à 1,5 %, et le bâtiment n'a réduit ses émissions que de 2 %. Les experts appellent à une accélération des politiques publiques, notamment dans la rénovation énergétique et la décarbonation de l'agriculture.
Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a salué ces résultats : « Ces chiffres montrent que notre stratégie porte ses fruits. Nous sommes sur la bonne voie, mais nous devons redoubler d'efforts pour rester dans la trajectoire des Accords de Paris. »
Un impact sur les objectifs européens
Cette performance place la France en bonne position pour respecter ses engagements européens, qui prévoient une réduction de 55 % des émissions d'ici 2030 par rapport à 1990. Toutefois, le pays devra maintenir un rythme de baisse annuel de 5 % jusqu'à la fin de la décennie pour y parvenir.
Les associations environnementales, tout en se félicitant de ces résultats, rappellent que la France doit encore en faire plus. « C'est une bonne nouvelle, mais il ne faut pas s'endormir sur nos lauriers. Les émissions doivent continuer à baisser rapidement, et cela passe par des mesures structurelles fortes », a déclaré un porte-parole de Greenpeace France.
Le rapport complet sera présenté au Parlement dans les prochaines semaines, dans le cadre du suivi annuel de la SNBC.



