France : baisse des émissions de CO₂ en 2024-2025 plus forte que prévu
Baisse des émissions de CO₂ en France plus forte que prévu

En France, les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) ont diminué plus rapidement que prévu au cours des années 2024 et 2025, selon un rapport publié mercredi 16 juin par le Citepa, l'organisme en charge de l'inventaire des gaz à effet de serre. Cette baisse inattendue est attribuée à une combinaison de facteurs, dont le développement des énergies renouvelables, une baisse de la demande énergétique et des mesures d'efficacité énergétique.

Une réduction significative

Les émissions de CO₂ ont chuté de 6,5 % en 2024 par rapport à l'année précédente, puis de 4,8 % en 2025. Au total, la France a émis 280 millions de tonnes de CO₂ en 2025, soit 20 millions de tonnes de moins que les prévisions initiales. Cette performance dépasse les objectifs fixés par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), qui visait une baisse de 5 % par an.

Les secteurs clés de la baisse

Le secteur de l'énergie a enregistré la plus forte réduction, avec une diminution de 12 % de ses émissions en deux ans, grâce à la fermeture de centrales à charbon et à l'augmentation de la production d'électricité d'origine renouvelable. Le secteur des transports a également contribué à la baisse, avec une réduction de 7 % de ses émissions, soutenue par le développement des véhicules électriques et des carburants alternatifs. L'industrie a réduit ses émissions de 5 %, tandis que le secteur résidentiel et tertiaire a enregistré une baisse de 4 %, grâce à l'amélioration de l'isolation des bâtiments et à l'utilisation de pompes à chaleur.

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Des facteurs conjoncturels et structurels

Plusieurs facteurs expliquent cette baisse plus rapide que prévu. D'une part, la croissance économique modérée a limité la demande d'énergie. D'autre part, les prix élevés de l'énergie ont incité les entreprises et les ménages à réduire leur consommation. Enfin, les politiques publiques, telles que le plan de relance vert et les investissements dans les infrastructures de transport durable, ont porté leurs fruits.

Un signal positif pour le climat

Cette tendance est encourageante pour les objectifs climatiques de la France, qui vise la neutralité carbone d'ici 2050. Toutefois, les experts mettent en garde contre un relâchement des efforts. « Il ne faut pas crier victoire trop tôt », prévient un chercheur du Citepa. « La baisse actuelle est en partie conjoncturelle. Pour atteindre nos objectifs, nous devons maintenir et accélérer les investissements dans les technologies propres et les changements de comportement. »

Des défis à relever

Malgré ces progrès, la France doit encore réduire ses émissions de 40 % d'ici 2030 par rapport à 1990. Les secteurs de l'agriculture et de l'aviation restent particulièrement difficiles à décarboner. De plus, les effets de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine ont perturbé les chaînes d'approvisionnement et les marchés de l'énergie, ce qui pourrait freiner la transition énergétique.

Perspectives pour 2026 et au-delà

Les prévisions pour 2026 tablent sur une nouvelle baisse des émissions de CO₂, mais à un rythme moins soutenu. Le gouvernement français a annoncé un plan d'investissement de 30 milliards d'euros sur cinq ans pour accélérer la décarbonation de l'industrie, des transports et du bâtiment. Des mesures supplémentaires, telles que la taxation du kérosène et l'interdiction des chaudières au fioul, sont également à l'étude.

En conclusion, la France a réalisé des progrès significatifs dans la réduction de ses émissions de CO₂ en 2024 et 2025, dépassant les attentes. Cette dynamique positive doit être maintenue pour atteindre les objectifs climatiques à long terme. Les efforts collectifs des pouvoirs publics, des entreprises et des citoyens seront déterminants pour réussir cette transition.

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