Au RN, 25 ans de déni sur le réchauffement climatique
Au RN, 25 ans de déni climatique

Le Rassemblement national (RN) a entretenu un déni du réchauffement climatique pendant 25 ans, selon une analyse des déclarations de ses dirigeants depuis 1997. Cette étude, publiée par le site Checknews de Libération, montre que le parti d'extrême droite a constamment remis en cause la réalité du changement climatique, malgré l'accumulation des preuves scientifiques.

Un déni persistant depuis 1997

Dès 1997, Jean-Marie Le Pen, alors président du Front national, affirmait que le réchauffement climatique était une « théorie contestée ». Cette position a été reprise par sa fille Marine Le Pen, qui a pris la tête du parti en 2011. En 2014, elle déclarait que « le réchauffement climatique est une fraude » et que les scientifiques étaient « des menteurs ». Plus récemment, en 2022, le RN a voté contre la ratification de l'Accord de Paris sur le climat, arguant qu'il était « inutile et dangereux pour l'économie française ».

Des chiffres qui contredisent le discours

Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la température moyenne mondiale a augmenté de 1,1 °C depuis l'ère préindustrielle. En France, les épisodes de canicule sont devenus plus fréquents et plus intenses, avec une augmentation de 50 % des jours de canicule entre 1976 et 2020. Pourtant, le RN continue de minimiser ces faits. En 2021, Marine Le Pen affirmait que « le réchauffement climatique n'est pas prouvé » et que « les politiques climatiques sont une imposture ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un positionnement politique assumé

Ce déni climatique s'inscrit dans une stratégie politique plus large. Le RN cherche à séduire un électorat rural et ouvrier, souvent sceptique face aux mesures environnementales. « Le RN a fait le choix de nier le réchauffement climatique pour défendre un modèle économique basé sur les énergies fossiles et la souveraineté nationale », explique Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l'extrême droite. Cette position est également partagée par d'autres partis d'extrême droite en Europe, comme le Rassemblement national polonais ou le parti allemand AfD.

Des conséquences pour l'avenir

Alors que les effets du changement climatique se font de plus en plus sentir, le déni du RN pourrait avoir des conséquences électorales. Selon un sondage Ifop de 2023, 67 % des Français considèrent le climat comme une priorité. « Si le RN ne change pas de discours, il risque de perdre une partie de son électorat, notamment chez les jeunes », estime Camus. Cependant, pour l'instant, le parti maintient sa ligne, comme l'a montré le vote contre l'Accord de Paris en 2022.

Une position minoritaire dans le paysage politique

Le déni climatique du RN le place en opposition avec la quasi-totalité des autres partis politiques français. La majorité présidentielle, la gauche et les écologistes défendent tous la réalité du changement climatique et la nécessité d'agir. Même certains partis de droite, comme Les Républicains, reconnaissent le phénomène, bien qu'ils soient souvent critiques envers les mesures proposées. Le RN reste donc isolé sur cette question, ce qui pourrait nuire à sa crédibilité à long terme.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale