Des arbres qui explosent à cause de la vague de froid aux États-Unis : et en France, c’est possible ?
En janvier, les États-Unis ont connu une vague de froid historique, avec des températures descendant jusqu’à – 45 °C, causant des dizaines de décès. Un phénomène surprenant a été observé : des arbres explosant sous la pression du froid. Peut-on s’attendre à de telles images en France ? Décryptage avec Bertrand Raffaitin, de l’Office national des forêts.
L’écorce qui craquelle, le tronc qui se plie, puis un bruit violent et surprenant. Fin janvier, plusieurs internautes américains ont partagé des vidéos d’arbres explosant. Bertrand Raffaitin, adjoint au directeur territorial à l’ONF, nous éclaire sur ce phénomène.
Une histoire de gélivure
Certaines images impressionnantes ont été générées par intelligence artificielle, mais le phénomène est bien réel. Tout est une question de météo. « Vous voyez les pare-brise ? S’il y a un refroidissement brutal, il y a des chances d’éclater », explique Bertrand Raffaitin. Pour les arbres, c’est similaire : en période de grand froid, l’eau retenue dans le bois gèle et ne peut plus se répartir, exerçant une pression sur l’écorce. Une « gélivure » se forme : une fente droite qui suit les fibres du bois. Parfois, cela provoque une explosion.
Et en France alors ?
Pour qu’un tel phénomène se produise, il faut généralement des températures inférieures à – 15 voire – 20 °C. Cela peut arriver en France, surtout dans la moitié Nord et en montagne. Des études mentionnent ces explosions lors d’hivers particulièrement froids, comme en février 1956 ou janvier 1985. Le bruit peut ressembler à « des coups de fusil dans la nuit ou au petit matin », selon une recherche de 1990.
Des conséquences esthétiques
Ce phénomène est bien connu des forestiers. Il touche souvent les chênes, mais aussi les noyers, peupliers ou hêtres. Bertrand Raffaitin doute que les arbres se brisent comme aux États-Unis, attribuant plutôt la casse des branches à la combinaison du froid et du poids de la neige. Les gélivures n’affectent pas la santé de l’arbre : « Il cicatrise. Ça fait comme des lèvres sur l’arbre. Ça se referme plus ou moins », décrit-il. Cependant, le défaut reste visible lors du sciage du tronc, ce qui peut être rédhibitoire pour la revente du bois.



