Un sanctuaire sous-marin saccagé
L'épave du sous-marin Le Protée, vestige de la Seconde Guerre mondiale coulé au large de Toulon, a été gravement endommagée par l'ancre d'un voilier de luxe. Le navire, un yacht de 46 mètres battant pavillon des Îles Caïmans, a jeté l'ancre sur le site protégé, provoquant l'effondrement d'une partie de la coque et des structures internes.
Selon les plongeurs de l'association SOS Grand Bleu, qui ont constaté les dégâts le 15 juillet dernier, l'impact est « catastrophique ». « L'ancre a traversé la coque comme du beurre, détruisant des éléments historiques uniques », a déclaré son président, David Sussmann.
Un patrimoine historique irremplaçable
Le Protée, un sous-marin de la classe Saphir, a été sabordé le 29 novembre 1943 pour éviter sa capture par les Allemands. Il repose par 40 mètres de fond et est considéré comme l'une des épaves les mieux préservées de Méditerranée. « Ce n'est plus qu'un tas de ferraille », a déploré un plongeur local. L'épave était également un sanctuaire pour la vie marine, abritant mérous, murènes et coraux.
Les autorités maritimes ont ouvert une enquête. Le voilier, qui aurait mouillé sans autorisation dans une zone interdite, risque une amende pouvant atteindre 150 000 euros. Mais pour les défenseurs du patrimoine, la perte est inestimable.
Une régulation insuffisante
Cet incident relance le débat sur la protection des épaves en France. Seules 12 épaves bénéficient d'un arrêté de protection, sur des centaines recensées en Méditerranée. « Il faut un classement systématique pour éviter que ces sites ne soient détruits par des plaisanciers irresponsables », a insisté Sussmann. Le ministère de la Culture a annoncé étudier un élargissement des protections.



