Le mardi 17 mai 2016, une secousse sismique a ébranlé Saintes, la deuxième depuis le début de l'année. Une troisième a été ressentie en juin suivant. Retour sur ces événements qui ont marqué la région.
La première secousse : 28 avril 2016 à La Rochelle
La première secousse de l'année a été vivement ressentie pendant quelques secondes à La Rochelle, le 28 avril 2016, peu avant 9 heures. Dans la rue, avenue Michel-Crépeau, les habitants ont cru à une explosion ou à un camion heurtant un immeuble. Il s'agissait en réalité d'un séisme de magnitude 4,9, dont l'épicentre était situé près de Thairé-d'Aunis. Aucune victime n'a été déplorée, mais de nombreux témoignages ont été recueillis. Un témoin a rapporté : « Nous vous confirmons que ça a été ressenti jusqu’au port de pêche de Chef-de-Baie. C’est tout l’entrepôt qui a tremblé pendant plusieurs secondes, créant un véritable bruit de tôles vibrantes. Nous avons d’abord cru qu’un camion était rentré dans un de nos quais ou qu’un rack s’était effondré. C’était court mais très intense et inquiétant. »
Guy Sénéchal, maître de conférences en géophysique à l’université de Pau et des Pays de l’Adour, a expliqué : « C’est un séisme qui n’est pas anormal pour la région. Il a touché une structure de la croûte terrestre dont la formation est bien antérieure à nos chaînes montagneuses plus récentes, les Alpes et les Pyrénées. On appelle ces structures "hercyniennes". Une faille dessine un arc de fragilité depuis la Bretagne au nord jusqu’à la région de La Rochelle. On peut poursuivre cet axe jusqu’à la Dordogne et, plus loin au sud, l’Hérault. »
Le deuxième séisme : 2 mai 2016 à Poitiers
Le 2 mai, un nouveau séisme de magnitude 4,2 a été ressenti à Poitiers, mais l'épicentre était situé plus loin, près de Chinon dans l'Indre-et-Loire. À l'époque, on se demandait s'il s'agissait d'une réplique du séisme du 28 avril. Jérôme Vergne, sismologue à l’EOST de Strasbourg, a précisé : « Les deux événements sont situés relativement loin l’un de l’autre. Ils font partie du même système de failles, mais ce ne sont pas les mêmes failles qui sont en cause. Les deux séismes se sont produits dans le même contexte mais n'étaient pas liés l’un à l’autre. » Il a rappelé que la Terre bouge constamment : « Il y a des tremblements de terre tous les jours en France. Un séisme d’une magnitude supérieure à 4 arrive en moyenne tous les dix ans dans la région de Chinon. Ce mois de mai 2016, l’événement est arrivé deux fois dans les failles de l’Ouest de la France, à quelques jours d’intervalle. »
La troisième secousse : 17 mai 2016 à Saintes
En Charente-Maritime, le 17 mai 2016, une nouvelle secousse sismique a été ressentie à Saintes, tôt le matin. Beaucoup de personnes encore au lit ont senti leur mobilier bouger pendant quelques secondes. Aucune victime n'a été à déplorer, mais le débat sur une éventuelle réplique du 28 avril a divisé la communauté scientifique. Jérôme Van der Woerd, chercheur au CNRS et pour le Bureau central sismologique français – Renass, a déclaré : « Une réplique ? On en discute entre scientifiques. Il y a une incertitude. Le séisme du 28 avril était localisé entre Oléron, Aix et Rochefort. Celui de ce mardi matin est beaucoup plus petit, situé dans la région de Saint-Jean-d’Angély, donc relativement loin, 40 ou 50 km plus à l’Est. Il y a un problème de localisation et ce sont les témoignages qui peuvent nous aider. On serait sûr que c’est une réplique si le séisme avait eu lieu exactement au même endroit, ça n’a pas l’air d’être le cas. » De nombreux témoignages d'internautes ont été recueillis après ce séisme.
Un dernier séisme le 19 juin 2016
Enfin, le dimanche 19 juin, peu avant 19 h 30, un séisme de magnitude 3,4 dont l'épicentre était situé entre Angers et Cholet, dans le Maine-et-Loire, a été constaté. Cette magnitude relativement importante a fait ressentir la secousse jusque dans les Deux-Sèvres, en ex-Poitou-Charentes. Il ne s'agissait sans doute pas d'une réplique du séisme précédent en Charente-Maritime, vu la distance, mais on pouvait penser qu'il se situait dans le même système de failles.



