Refuges climatiques : églises et catacombes, solution face à la canicule
Refuges climatiques : églises et catacombes contre la canicule

Alors que la France traverse les jours les plus chauds jamais enregistrés, avec des températures atteignant 33 °C à 23 heures à Paris, un collectif propose une solution innovante pour faire face aux vagues de chaleur : transformer les églises, halls climatisés et catacombes en « refuges climatiques ». Ces lieux naturellement frais, grâce à leurs murs épais et leur architecture, pourraient offrir un répit aux habitants des villes, notamment ceux qui n'ont pas accès à des espaces climatisés.

Des parcs ouverts la nuit insuffisants

Les municipalités multiplient les initiatives pour lutter contre la chaleur : parcs ouverts la nuit, brumisateurs, pièces climatisées, équipements culturels. À Paris, des habitants s'allongent dans l'herbe des parcs ouverts toute la nuit pour chercher un peu de fraîcheur. Cependant, ces mesures restent insuffisantes face à l'intensité des canicules, qui s'aggravent sous l'effet du changement climatique. « C'est pas chaud, c'est pire que chaud. T'as pas capté, frérot ? », résume un homme au téléphone, illustrant le désarroi des citadins.

Les églises, des refuges naturels

Le collectif, composé d'urbanistes et d'architectes, propose d'exploiter des bâtiments à l'inertie thermique élevée, comme les églises et autres édifices religieux. Leurs murs épais et leur hauteur sous plafond permettent de maintenir une température intérieure plus basse que l'extérieur, sans recours à la climatisation énergivore. « Ces lieux pourraient accueillir du public pendant les pics de chaleur, en complément des parcs et des équipements climatisés », explique un porte-parole du collectif.

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Catacombes et halls climatisés

Outre les églises, les catacombes et les halls de bâtiments publics climatisés sont également envisagés. Les sous-sols parisiens, notamment les catacombes, offrent une température constante d'environ 14 °C, ce qui en fait un refuge idéal en cas de canicule. De même, les halls de gares, de musées ou de centres commerciaux pourraient être ouverts plus largement au public. Selon le collectif, « il s'agit de mutualiser les espaces frais existants pour protéger les plus vulnérables ».

Un enjeu d'adaptation face au changement climatique

Avec l'intensification des vagues de chaleur, les villes doivent repenser leur organisation. Les îlots de chaleur urbains, où les températures sont plus élevées qu'en zone rurale, rendent la situation particulièrement critique pour les personnes âgées, les malades et les sans-abri. Les refuges climatiques pourraient devenir une solution durable, à condition d'être accessibles et signalés efficacement. « Nous devons agir vite, car chaque degré compte », insiste le collectif.

Une expérimentation à venir

Le collectif prévoit de lancer une expérimentation dans plusieurs villes françaises, dont Paris et Clamart (Hauts-de-Seine), où des églises et des halls climatisés seront ouverts gratuitement lors des prochaines canicules. L'objectif est de tester la faisabilité et l'impact de ces refuges, avant de les généraliser. Selon les premières estimations, ces mesures pourraient réduire de 2 à 3 °C la température ressentie par les usagers.

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