Parc des Pyrénées catalanes : décrypter la fréquentation pour mieux gérer le surtourisme
Pyrénées catalanes : gérer la fréquentation post-Covid

Comme de nombreux sites remarquables des Pyrénées-Orientales, les lacs des Camporrels font l'objet d'une surveillance attentive quant à leur fréquentation. C'est un phénomène largement décrit : l'après-Covid a suscité une soif de montagne et d'espaces naturels, provoquant un regain d'intérêt pour ces zones à préserver, car potentiellement fragiles.

Une surveillance accrue pour prévenir le surtourisme

À l'heure du surtourisme, mieux vaut prévenir que guérir. Dans cet esprit, le Parc naturel régional des Pyrénées Catalanes suit ces fréquentations avec attention, en se basant à la fois sur les compteurs posés par les partenaires du parc (communauté de communes, syndicat mixte Canigó grand site…) et sur l'analyse des traces GPS déposées sur les plateformes de partages sportives et les données de bornage des téléphones.

Des secteurs très populaires

Pour autant, si la fréquentation reste importante, elle ne semble globalement pas évoluer d'une année sur l'autre, reconnaît Tristan Roux, qui suit le dossier pour le Parc. Le département compte quelques zones très populaires : le massif du Canigó, la route vers le sommet, les Lacs des Camporeills et des Bouillouses en Capcir, les gorges de la Carança en Conflent et le lac du Passet en Cerdagne.

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« Ce que nous observons, c'est que la fréquentation au sommet du Canigó reste globalement stable, entre 27 000 et 30 000 personnes par an. Quant à celle des refuges, elle est marquée par l'augmentation importante des nuitées dans le refuge des Cortalets ces dernières années », détaille Florian Chardon, directeur de Canigó grand site.

« Avec ces outils, nous pouvons surveiller la fréquentation sur des zones très sensibles, poursuit-il. Nous en avons déterminé trois sur le massif. Mais nous avons aussi été surpris par les données collectées sur des lieux jusqu'ici restés sous le radar, comme les sites de baignades dans les rivières. Le Salt Gros de Cattlar voit, par exemple, passer en moyenne 100 personnes par jour au mois d'août et les gorges du Mondony à Amélie les Bains, plus de 80 pendant l'été. »

Des mesures contre le surtourisme

Les données, une fois analysées, sont tellement précises qu'on sait que la pause au sommet du Canigó dure en moyenne une cinquantaine de minutes ! « Globalement nous ne sommes pas encore au stade que peuvent connaître d'autres sites touristiques naturels qui sont contraints de 'décommuniquer' pour tenter de limiter la fréquentation », tempère Tristan Roux.

Les mesures prises ces dernières années sur les différents sites, telles que les navettes mises en place pour rejoindre Les Bouillouses, la limitation de l'accès des voitures au Canigó à 1 000 m d'altitude ou encore le parking payant du Lac du Passet, « ont contribué à endiguer la fréquentation ».

Les efforts de communication commencent aussi à porter leurs fruits. À l'image de la campagne de sensibilisation intitulée « Que la montagne est belle » ou encore le déploiement de médiateurs tout au long de l'été dans les lieux les plus fréquentés. Ils sont près d'une vingtaine à aller durant deux mois à la rencontre des touristes et randonneurs, pour expliquer les codes de la montagne et des espaces naturels.

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