Le bilan de la crue survenue mercredi 26 août à la frontière entre le Népal et le Tibet s'est encore alourdi. Au moins 392 personnes ont perdu la vie, dont 389 côté népalais et 3 dans le territoire chinois voisin, selon les autorités locales. Plus de 1 400 personnes restent portées disparues, parmi lesquelles quatre ressortissants français.
Une catastrophe provoquée par l'effondrement d'un glacier
Selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS), la vague a été causée par l'effondrement d'une partie d'un glacier, d'une violence telle qu'il a été enregistré comme un séisme de magnitude 5,2. Cet effondrement a provoqué une coulée de boue dévastatrice qui a balayé des villages entiers, notamment dans les vallées des rivières Trishuli (district de Nuwakot, au nord de Katmandou) et Bhotekoshi, ainsi que Gyirong Port au Tibet.
La localité de Syabrubesi a été particulièrement touchée. Laloma, 27 ans, qui s'est identifiée sous son seul prénom, a rapporté : "Nous avons passé toute la nuit dans une école avec une centaine d'autres personnes. Tout le reste (du village) a disparu."
Des centaines de disparus, dont des étrangers
Vingt-quatre heures après le passage de ce mini-tsunami, les autorités népalaises restaient jeudi sans nouvelle de 910 personnes, selon l'autorité népalaise en charge des situations d'urgence. Parmi eux figurent 517 ressortissants étrangers, dont quatre Français, selon l'Autorité nationale de gestion et de réduction des risques naturels, département du ministère des Affaires intérieures népalaises.
De l'autre côté de la frontière, les médias d'État chinois ont rapporté que 558 personnes, dont 260 étrangers, étaient toujours disparues après le passage des "torrents de boue" qui ont enseveli Gyirong Port. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a par ailleurs indiqué qu'une centaine de ressortissants chinois étaient portés manquants côté népalais, dont des touristes et des pèlerins.
Parmi les ressortissants étrangers disparus figurent 178 Indiens et des dizaines d'Ukrainiens, Malaisiens, Britanniques, Canadiens ou Australiens, selon le bureau du tourisme népalais. À Washington, le département d'État a fait état de 90 Américains manquant à l'appel. L'organisateur népalais de randonnées Himalayan Glacier a précisé à l'AFP qu'il restait sans nouvelle d'un de ses groupes de 47 personnes. "Nos équipes font la tournée des hôpitaux où les victimes sont acheminées", a dit son directeur, Sanket Pandey.
Mobilisation massive des secours et risque de seconde crue
Les recherches se sont poursuivies toute la journée, notamment avec des hélicoptères militaires qui ont évacué 351 personnes, selon l'armée, qui a précisé que plus de 9 000 soldats et policiers étaient déployés pour évacuer les sinistrés.
Fait rare, le président chinois Xi Jinping s'est exprimé peu après la catastrophe. "La priorité absolue est la mobilisation de tous les moyens pour rechercher et secourir les personnes disparues, évacuer et reloger les habitants en danger, soigner rapidement les blessés et réduire au maximum le nombre de victimes", a-t-il déclaré.
Le gouvernement népalais a multiplié jeudi les mises en garde contre une possible deuxième crue à cause du lac formé par l'effondrement du glacier. Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson d'été (juin-septembre) au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud. Selon les scientifiques, le changement climatique accroît l'intensité et la fréquence de tels événements.
Le Dalaï Lama a offert jeudi ses "prières" aux victimes, le pape Léon XIV s'est dit "profondément attristé" et le roi Charles III d'Angleterre, "bouleversé" par la catastrophe, a offert 5 millions de livres (5,5 millions d'euros) pour les opérations de secours.



