Népal : l'identification difficile des victimes des crues à Bharatpur
Népal : identification douloureuse des victimes des crues

À Bharatpur, au Népal, l'identification des victimes des crues survenues fin septembre se révèle douloureuse et improbable. Les équipes médico-légales sont confrontées à des corps en état de décomposition avancée, rendant les reconnaissances visuelles impossibles. Selon le médecin légiste en chef de l'hôpital de Bharatpur, seuls 20 à 25 corps ont pu être identifiés formellement jusqu'à présent. Le bilan provisoire fait état de 244 morts, mais ce chiffre pourrait évoluer.

Des corps méconnaissables et des familles sans espoir

Les corps repêchés dans la rivière Narayani et ses affluents sont souvent méconnaissables. Le médecin légiste explique que la décomposition est accélérée par la chaleur et l'humidité. Les familles des disparus, venues de tout le Népal, errent dans les couloirs de l'hôpital, espérant un signe. Beaucoup repartent sans avoir pu identifier leur proche, faute d'éléments de comparaison fiables.

Dans certains cas, les proches fournissent des échantillons d'ADN, mais les laboratoires locaux manquent de capacités pour traiter un afflux massif. Selon un porte-parole de la police népalaise, seuls 20 à 25 corps ont été identifiés formellement jusqu'à présent. Les autorités ont donc décidé de recourir à des laboratoires étrangers, notamment en Inde et en Thaïlande, pour accélérer les analyses.

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Un processus long et coûteux

L'identification par ADN prend du temps, parfois plusieurs semaines. Chaque échantillon doit être prélevé, conservé, puis envoyé à l'étranger. Les coûts sont élevés, et les familles les plus pauvres ne peuvent pas toujours assumer ces frais. Le gouvernement népalais a promis de prendre en charge les dépenses, mais les fonds tardent à être débloqués.

En attendant, les corps non identifiés sont conservés dans des chambres froides, mais celles-ci sont saturées. Selon un responsable de l'hôpital de Bharatpur, la capacité d'accueil est dépassée depuis plusieurs jours. Certains corps ont dû être enterrés temporairement, dans l'attente d'une identification définitive, ce qui complique encore la tâche des enquêteurs.

Un traumatisme durable pour les familles

Pour les familles, l'attente est insoutenable. Beaucoup ignorent si leur proche est mort ou vivant. Certaines ont perdu plusieurs membres dans la catastrophe. Les autorités locales ont mis en place des cellules psychologiques pour accompagner les proches, mais les moyens restent limités.

Selon un rapport de la Croix-Rouge népalaise, plus de 200 personnes sont toujours portées disparues, ce qui laisse espérer de nouvelles identifications. Toutefois, le temps joue contre les équipes médico-légales. Le médecin légiste en chef de Bharatpur prévient que si les analyses ne sont pas accélérées, de nombreux corps resteront à jamais anonymes, privant les familles de la possibilité de faire leur deuil.

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